24.02.2008

Les Propriétaires - Part. 2

427633642.jpguite et fin de mes péripéties avec les Vilains.

 

 

 

 

Je vous passerai les détails de la filature durant laquelle je découvris que deux raclures de latrines adolescentes en devenir, ayant intercepté le code d’entrée par on ne sait quel miracle, rentraient dans ma résidence comme si c’était chez mémé. La piste de Vilaine qui n’y voit que dalle et qui met mille ans à taper le code n’est pas à exclure. Appelez-moi Julie Lescaut.

 

Non contentes d’avoir déniché un squat tout de même plus classe que le foyer socio-éducatif, ces Britney Spears en puissance futures adultes trouvaient super fun de chourer des coussins dans les couloirs et d’ouvrir le courrier des autres. Bon, les coussins on s’en fout, ils sont moches ; mais le courrier c’était le mien. Et là, autant dire que ça rigole plus.

 

Si ces faces de rat prometteuses lycéennes mettaient autant d’ardeur à étudier qu’à faire des conneries, dans deux ans l’Humanité est sauvée, on aura trouvé le vaccin contre le sida.

 

 

Après avoir mis à jour ces odieuses manigances, je suggère insidieusement mais néanmoins fermement aux Vilains de changer le code de tous les dangers, qu’on en finisse. Grand mal m’en a pris… j’ignore alors que ma propre idée va sous peu se retourner contre moi, avec une violence qui n’a d’égal que son génie. Ô cruelle Destinée, ta funeste engeance l’Ironie aurait-elle assombri de sa présence le jour où je vins au monde ? Je ne sais.

 

Toujours est-il que quelques jours passent et nous voici en week-end. Moment on-ne-peut-plus privilégié dans ma vie estudiantine puisque les Mouettes, en mal d’amour parental, fuient à tire d’ailes leur habitat goodcityois. Et là, je vous explique même pas comment je suis trop la reine du pétrole. Vas-y que je me douche à pas d’heure, que j’écoute la musique à un volume indécent, que je beugle comme un veau qu’on égorge dans ma salle de bains afin de mettre à profit les techniques vocales patiemment enseignées par John-Peter, mon prof de musique. Bref, la vraie vie.

 

Arrive le soir. Déjà, je suis passablement sur les nerfs car Internet ne marche plus (tiens, un chewing-gum aurait-il lâché ?) ; et voilà qu’on a l’audace de frapper à ma porte. C’est Vilaine. Oh, oh, ça sent mauvais, elle a la même tête que les Sauvageons quand ils avaient fait une grosse, grosse connerie.

 

-          «  J’avais laissé ouvert pendant que je faisais une course, et on vient de nous voler les clés… »

 

Moi, agacée par ce manque de précision lexicale : - « Mais LES clés… c’est-à-dire ? »

 

Elle, commençant à se décomposer : - « Ben… les clés des appartements… et en plus, vous êtes toute seule dans la Maison… »

 

Moi : - « Nan mais c’est pas possible ! T’as oublié ton cerveau dans un verre d’eau ce matin ou quoi ? Ah ben bravo, et après ça vient nous donner des leçons de morale sur la sécurité, franchement vive la France !!!! »

 

Non, en vrai je l’ai pas dit, mais je l’ai pensé très fort.

 

 

J’irais pas jusqu’à dire que je me suis mise à fouetter. Mais quand même, la soirée ne se présentait pas sous les meilleurs hospices.

 

Trente minutes plus tard, Mini Vilain (dit aussi Jean-Claude) se présente.

 

-          «  Y’avait un problème… y’a plus de problème ! J’les ai chopées les mômes, j’les ai mises à poil ! » (je vous l’avais dit, il est très con !!!)

 

Moi, tentant de donner le change en mâchant à toute allure ma bouchée de patates sautées : - « Ah ? »

 

Lui, prenant ça comme un encouragement : - « Ouais, c’est bon, j’ai tout récupéré ».

 

 

Deux jours plus tard, à force de prêcher le faux pour savoir le vrai avec l’innocence de la vipère qui vient de naître, Vilain m’avouera qu’il a remarqué l’absence de quelques clés « sans importance, dont celles de la boîte aux lettres » (!!!). Je manque de m’évanouir d’horreur : j’attends une oreillette bluetooth qui m’a coûté un bras. D’ailleurs anecdote cocasse, j’ai bien fini par la recevoir, mais le mode d’emploi était uniquement en japonais ; cela a donc été une franche partie de rigolade pour comprendre comment ça fonctionnait.

 

Depuis, je fais tout livrer chez mère, chez qui je rentre tous les 36 du mois. Super.

 

 

Mais ce n’est pas le pire. Si vous avez tout bien suivi, reste le délicat problème du code à régler.

 

J’ai quand même senti qu’il allait y avoir baleine sous gravillon avec cette histoire-là. Un jour, je dis à Walkeuse (une Iouéfémienne avec laquelle j’ai l’honneur de partager plus que des cours) :

 

-          « Je sens que je vais rentrer et que le code aura changé ; je vais encore me retrouver Grosjean comme devant ! »

 

Walkeuse, remarquablement dévouée à ma cause, m’accompagne jusqu’à chez moi, au cas où.

 

Composition du code. Angoisse. La porte reste obstinément close. Re-angoisse. En désespoir de cause, je m’acharne sur l’interphone pour joindre les Vilains (ils sont là, les monstres, leur voiture est devant la résidence). En vain. Re-re-angoisse. Et bien sûr, mon mobile est hors de portée. Bref plus la loose, tu meurs.

 

Walkeuse prend pitié de moi et de mon état de décès avancé, et me ramène chez elle. Nous entreprenons alors une grande quête pour réussir à joindre les Vilains, qui s’apparente plus à un jeu de piste. On commencer par appeler sur les deniers de Walkeuse toutes les Mouettes disponibles. Personne n’est joignable. Les Vilains ont en plus la bonne idée d’être sur liste rouge, sinon ça n’aurait pas été drôle.

 

Comme dans tous les moments de profond désespoir, une seule personne semble avoir les moyens de me sortir de ce bourbier : Mère, mon Deus ex-machina à moi. Je mise gros, car elle est l’ultime bastion contre la dépression qui me guette. Toujours au taquet, Super Mother met la main sur le numéro des Vilains en moins de temps qu’il ne faut pour manger un pancake.

 

C’est peu dire que j’étais remontée comme un coucou suisse quand j’ai fini par joindre Vilaine :

 

 

Moi, qui ne prend même plus la peine d’être aimable : - « VOUS AVEZ CHANGE LE CODE ???? » (je me suis quand même présentée avant, pour faire style).

 

Elle, faussement naïve : « Euh… ouiiii… »

 

Moi : - « CA SERAIT POSSIBLE DE ME LE DONNER, QUE JE PUISSE RENTRER CHEZ MOI ? CA FAIT UNE HEURE QUE JE SUIS COINCEE DEHORS !!!! »

 

 

Comble du comble du comble, alors que j’arrive enfin dans mon home sweet home après tant de vicissitudes, harassée, lessivée, que dis-je, au bord du gaz, je trouve glissé sous la porte un petit mot… avec indiqué dessus le nouveau code. Quelqu’un peut-il m’expliquer : à quoi ça sert d’avoir ce maudit code une fois à l’intérieur ???

 

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (qui, c’est promis, ne parlera pas des Vilains dans son prochain billet !)

 

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Source : ici !

16.02.2008

Les propriétaires - Part.1

Tu vois ce qu'il y a de pire, c'est de rester silencieux quand les vieux disent des sottises...

(August Strindberg)





447424881.jpghers lecteurs,




Non, je ne suis pas morte, juste un petit peu décédée sur les bords. En fait, depuis que j’ai décidé de me livrer corps et âme à l’Ed’ Nat’, mon temps de glande s’est trouvé considérablement raccourci ; sauf le soir après 20 heures où je ne manque pas de m’épancher auprès des divers contacts qui peuplent mon natel, avec une prédilection particulière pour Mère qui sait mieux que personne prêter une oreille attentive à mes plaintes désespérées et autres craquages de nerfs réguliers. Mais bref.



Aujourd’hui, je vais tenter de vous offrir un récit d’une drôlerie jubilatoire, afin de me faire pardonner cet abominablement long silence. J’espère ainsi faire accourir mes fidèles lecteurs qui ont fini par déserter les bancs, fatigués d’espérer un nouveau billet qui n’est jamais venu. J’ai songé l’espace d’un instant à planter ici-même un panneau indiquant « Ici commence le désert de Gobie », mais il était déjà utilisé dans la tête d’Eve Angeli. Et puis comme chacun le sait, Belle Lurette possède, tel le Phoenix, la capacité de renaître de ses cendres (j’ai toujours eu du mal à savoir quand utiliser « la capacité de » ou « la capacité à ». C’est pourri la langue française, des fois).
En tout cas, j’ai quand même pu pendant ce temps me délecter de quelques recherches googlesques plus ridicules les unes que les autres, ma préférée étant « pose de sonde urinaire par maîtresse ». Non mais y’a VRAIMENT des gens qui s’intéressent à ça ?


Enfin. Pour fêter le retour de la bloggeuse prodigue, j’ai choisi d’aborder un sujet qui possède un haut potentiel comique : mes propriétaires. J’ai commencé à vous en toucher un mot dans mon précédent billet, mais là, attachez vos ceintures et callez bien vos fesses au fond de vos sièges, y’a du méga lourd.

La première fois que je les ai vus, j’ai eu tendance à pas trop me méfier : ils étaient un peu relou, mais bon, c’est des vioques, on pouvait pas en attendre moins d’eux. J’étais tellement au comble de la joie d’avoir trouvé un pied-à-terre décent que j’ai pas trop fait la pénible – ce qui est rare, je vous le concède volontiers –.

En plus ils ont un nom trop marrant, c’est idiot mais je me suis dit qu’on pouvait pas être mauvais en portant un patronyme pareil. Bref, tout était merveilleux, les petits oiseaux cui-cui.

Ils ont aussi un fils, dont je n’ai fait la connaissance que tardivement, mais à vrai dire ça ne m’avait jamais vraiment manqué. Ce dernier vit dans la résidence et ressemble de façon assez troublante à Jean-Claude Van Damne, mais avec 10 centimètres en moins et en beaucoup plus con. C’est vous dire le niveau. Je pense que son métier, c’est fumeur de clopes en ascenseur ; en tout cas il remplit remarquablement bien sa tâche. Un jour, excédée par l’odeur pestilentielle qui flottait dans ce cagibi de 3m², j’ai gueulé très fort : « AH, L’ENFOIRE !!!! ». J’avais bien les nerfs, je devais avoir passé une sale journée à l’Iouéfème. J’espère qu’il m’a entendu. De toute façon, les murs sont fins comme du papier à cigarettes (ah, ah, ah).

Il y a une mouette qui s’est plainte d’avoir tous les jours M. G qui grattait un placard en face de chez elle. J’ai alors émis l’hypothèse qu’ils cachaient un fils encore plus débile que le précédent, et en fait ils le planquaient parce qu’ils avaient honte. Voyez, même dans la vie je suis quelqu’un de particulièrement drôle.



Puis avec le temps, j’ai pu remarquer de grosses digressions entre le discours de ces braves gens et leurs actions. Mon appartement était censé être livré prêt à consommer ; or la saleté était telle que Père a pu écrire dans la poussière « T’es mort ». C’est un rigolo, Père. Moi qui me demandais d’où venait mon humour dévastateur.

D’ailleurs l’appart était tellement bien récuré que j’ai retrouvé deux stylos, une manique brûlée, une ventouse, une ampoule, une pince à épiler, de la lessive et du produit pour désinfecter de la précédente locataire. Comme rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, j’ai fini le pschit qui fait la peau aux acariens. Je veux bien que Mme G. soit complètement bigleuse, mais quand même, rater un paquet de lessive, faut le faire.



Puis ensuite il y a eu Internet, que j’aurais dû pouvoir avoir dès mon arrivée (fin août) et qui a été installé mi-novembre. Une sombre histoire jamais vraiment résolue de câbles qu’on ne peut pas tirer (par qui ?), de raccordement impossible à un poteau appartenant à on sait pas trop quelle société… et moi, « avec ma p’tite box j’avais l’air d’une conne, ma mère ».

S’en sont suivis des imbroglios abracadabrantesques avec Couleur-un-peu-plus-foncée-que-jaune, où j’ai expliqué à 1000 conseillers qu’il fallait arrêter de me débiter la somme astronomique qui m’était demandée chaque mois pour avoir le privilège d’être connectée à la Toile, puisque manifestement je ne l’étais PAS, et que même pas c’était ma faute. Je me suis entendue dire 1000 fois qu’il n’y avait pas de problème. Et chaque mois, bim, ça manquait pas, prélèvement de sous intempestif. Fatiguée de me battre avec des têtes de bois injoignables :
podcast

je suis allée voir la concurrence, qui m’a accueilli les bras ouverts, malgré une méfiance certaine et bien compréhensible lorsque j’ai expliqué que j’avais été victime d’incompatibilité d’humeur avec mon précédent opérateur :

« Mais euh dans quel sens ? Vous avez des impayés ? »

« Non, non, j’ai même trop payé, j’attends d’être rebitée, et que les poules aient des dents… »



Et puis, y’a eu cette histoire de « Je connais quelqu’un ». Ils connaissent toujours quelqu’un : un électricien, un plombier, un informaticien… mais j’espère sincèrement que c’est leur hobby, pas le moyen de gagner leur croûte, vu leur relative incompétence dans leurs soi-disant domaines de prédilection.

Bref, les Thénardiers sont des magouilleurs de première, même – et surtout – pour Internet, que je capte par un système pas possible qui doit être relié aux câbles téléphoniques par des vieux chewing-gums.

Et c’est là que tout s’est éclairé. C’était pourtant si évident. Soyons réalises, MES PROPRIETAIRES FONT PARTIE DE LA MAFIA GOODCITYOISE !!! Peut-être même que le vieux, ben c’est le parrain. Alors je ferais mieux de m’écraser au lieu de baver joyeusement sur eux.

 

Un autre trafic malsain a eu lieu pendant les vacances de Toussaint. Ils ont profité de mon absence pour installer deux radiateurs supplémentaires, les autres étant soit tout pourris, soit ils faisaient sauter les plombs. Je n’ai pas été prévenue, mais j’étais quand même contente, j’allais pouvoir passer l’hiver sans caner de froid.

Les choses se sont légèrement gâtées lorsque j’ai atteint les cabinets. Tenaillée par une envie toute naturelle, je me dirige fièrement vers ledit endroit. Puis après tout c’est MES toilettes, j’y fais ce que je veux. Avant de poser mon auguste séant, je m’aperçois de quelque chose d’étrange. Le rouleau de papier toilette n’est pas dans le même sens que d’habitude. Vous savez, c’est le sens des radins, où on galère pour obtenir une pauvre feuille poussive… c’est beuzarre. Mais le pire reste à venir. Je vois sur le siège des taches suspectes qui n’y étaient pas du tout à mon départ… j’ai alors stoïquement enfilé des gants, chopé la Javel et ai récuré de toutes mes forces en retenant une forte envie de raquer (merci à Aînée et à sa légendaire abnégation, qui a dû m’épeler ce mot au téléphone, devant un parterre de gens incrédules).

J’ai jamais osé leur en parler ; en fait, je me voyais mal demander : « Avez-vous eu l’audace d’uriner dans mon lieu d’aisance en mon absence ??? ».



Puis il y a eu bien d’autres choses.

La suite demain.