05.03.2008
La réclamation
hers lecteurs,
Aujourd'hui, je vous offre un billet pas vraiment comme les autres. En fait, je viens d’écrire un mail de réclamation au service clients d'une grande marque de stylos suite à un léger souci technique. Et comme je me suis trouvée particulièrement en verve, je trouvais dommage de ne pas vous en faire profiter. Finalement le genre épistolaire, ça me réussit...
J’espère vraiment que cela ne restera pas lettre morte, ça me ferait trop marrer. J’vous tiendrais au courant, promis.
Et s’ils répondent pas, pour me venger, je balance leur nom et je leur fait une contre-pub d’enfer. Non mais.
"Madame, Monsieur,
Je vous écrit suite à l'immense déception que j'ai ressentie suite à l'achat de l'un de vos produits. En effet, j'ai fait l'acquisition le samedi 1er mars dernier dans l'hypermarché Biiiip à Biiiip un stylo de votre gamme dite "Biiiiip". En effet, il m'avait été chaudement recommandé par une amie. Et il n'y a aucune raison de douter de la sincérité d'une amie, n'est-ce pas ?
J'ai donc décidé de tester ledit stylo le lundi suivant mon achat, alors que je passais une épreuve écrite. En effet, je suis étudiante, et ces pratiques sont choses courantes dans le petit monde de l'Education nationale. Au premier abord, j'ai été très agréablement surprise par sa qualité d'écriture, et j'ai été séduite par son côté pratique. Mais les choses seraient trop simples si elles s'arrêtaient là. Vous vous doutez bien que je ne vous écrit pas pour vous féliciter, vu que ce mail a commencé par l'exposition de ma cruelle désillusion.
Alors que pleine d'inspiration (serait-ce un effet secondaire dû à votre stylo ?), j'attaquais joyeusement la deuxième page de ma synthèse, voilà-t-y pas que mon Biiiip refuse catégoriquement de faire son travail, à savoir écrire des mots dictés par ma plume virtuose. J'eus beau essayer toutes les techniques de grand-mère tel quel le grattage sous la semelle ou le soufflage dessus, rien n'y fit. Mon Biiiip avait définitivement passé l'arme à gauche.
Et vous ne devinerez jamais l'horrible découverte qui fut mienne. LA CARTOUCHE ETAIT VIDE ! Non mais des fois.
Vous imaginez bien que ce mail n'est pas vraiment désintéressé, et qu'il me semblerait de bon aloi de compenser ce petit bémol.
Je suis sûre que vous aurez su prêter un oeil attentif à ma requête, et espère donc que vous saurez réparer cet outrage qui bien sûr porte atteinte à la bonne image de votre société.
Bien cordialement,
Belle Lurette."
19:15 Publié dans Des aléas de la branchitude | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : stylo, problème, encre, service client, humour, désespoir
30.08.2007
La Mouvance
Les déménagements sont les mouvances de l'existence. Ça bouleverse, ça empêche l'habitude...
(Louise Portal)
epuis quelques jours, j’ai la désagréable sensation de vivre dans quelque chose qui pourrait ressembler au souk de Marrakech. En effet, dans mon espace vital restreint sont amoncelés nombre d’objets d’un exotisme torride : une poêle à frire côtoie de façon inopinée des ciseaux à ongles, eux-mêmes placés de façon très logique près d’une poubelle blindée d’ustensiles aussi divers qu’hétéroclites.
Mais quelle est la raison de ce capharnaüm ? pensez-vous, bande de petits curieux. Belle Lurette serait-elle à ce point écœurée de la civilisation et surtout des hommes qui la composent pour décider de revendre ses maigres biens, pourtant si durement acquis à la force des poignets, sans aucune autre forme de procès ? Aurait-elle enfin décidé d’investir les quelques deniers ainsi récoltés dans l’achat d’un aller simple pour Lhassa, où elle pourrait vivre libérée des diktats de la vie moderne et mener à l’image de Siddhârta une existence faite de méditation et d’errance, qui lui permettrait de dire merde à son ego une bonne fois pour toutes ???
Eh ben non, même pas.
Poussée par mon goût inné du risque, je me prépare à découvrir une nouvelle contrée sauvage et inhospitalière. A celui qui pense que les études ne servent à rien, elles auront au moins eu pour moi l’avantage de me promener aux quatre coins de Rhône-Alpes : on a l’âme d’un bandit de grand chemin ou pas. Après avoir passé trois ans à Lyon (regrets éternels), effectué un passage-éclair à Biiip – la ville la plus épouvantable de France –, être retournée une année et demi chez ceux qui ont eu l’incommensurable bonheur de me donner le jour et avoir bossé dans un département limitrophe, j’ai été catapultée décidé de mon plein gré de m’établir dans une nouvelle cité pleine de promesses, que rien que son nom ça fait envie. Pour résumer, c’est the place where nothing can go wrong (comprenne qui pourra). En plus, je t’ai déniché un appartement du feu de Dieu, même s’il me coûte un rein par mois. Mais bon, ne nous arrêtons pas à ces considérations bassement radinesques.
Forcément, qui dit « déménagement » dit « cartons », « tri », « prise de tête », et tout un tas d’autres activités largement aussi réjouissantes.
Par exemple, on se retrouve toujours avec un accessoire indispensable qui manque à l’appel. En voici la preuve par trois : j’ai décidé cette année pour éviter une mutation génétique imminente de me passer de micro-ondes. Comme je suis amatrice de thé, j’ai souhaité investir dans une bouilloire sifflante, parce que ça tape quand même bien la classe. Ayant de la suite dans les idées, j’ai tout de même couru une journée entière avant de me résigner à rentrer brecouille. Le pire de tout, c’est quand je suis arrivée chez moi, l’œil hagard, le cheveu en berne, la mine dépitée et le pied fumant. Mère me dit le plus calmement du monde… qu’elle en a vu chez « Machin, des idées de génie ». ALORS QUE J’EN VENAIS, nom d’une pipe en bois ! Je vous jure qu’à cet instant précis, j’étais au bord du gaz.
Autre fait que je trouve particulièrement traumatisant : la mise en cartons. Avez-vous remarqué qu’on trouve JAMAIS de carton à la taille souhaitée ? Ou serais-je victime d’une odieuse machination perpétrée par le gouvernement, dans le but de tuer dans l’œuf ma fibre éducatrice afin d’effectuer de substantielles économies ? Je ne sais. Toujours est-il que j’ai des problèmes d’emballage. Ayant ouï dire que je pourrais trouver quelques-uns des réceptacles tant convoités dans la cave, je m’y dirige d’un pas décidé pour trouver mon bonheur. Et là, vous me croyez si vous le voulez, mais il y avait du caca d’oiseau DANS un des cartons. Mais comment ce maudit volatile a-t-il pu se laisser aller à l’intérieur du truc ? A la grosse limite, pourquoi pas à l’extérieur… ça m’aurait semblé étrange, car les piafs ne courent pas les caves d’accoutumée ; cependant cela aurait été un poil plus plausible.
Donc malgré l’adversité, nous voici à J-2 et tout est sensiblement prêt. Je me dis que par la force des choses, j’approche du but ultime comme cela fait des lustres que je classe plus que de raison. D’ailleurs s’il me restait le moindre tri à effectuer, je pense que je me ferais péter un boyau de la tête.
Je vous fais un dernier bécot ardéchois avant de m’envoler en voiture vers le pays où la vie est pas pareille. Je vous réserve d’ici peu une petite surprise musicale qui ne manquera pas de ravir vos oreilles de mélomanes avertis.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses cartons !)

21:54 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : déménager, problème, carton, humour, bazar



















