01.07.2008

La Chance - Part.2

Me voilà donc avec mon billet flambant neuf, bien contente d’être heureuse. Remarquerez avec quel naturel désarmant je reprends le fil de mon propos.

Tout en récupérant mes fripes fleurant bon la lessive bon marché, je songe avec délice à toutes les folies financières que je vais pouvoir me permettre grâce à cette manne céleste providentielle.

Je fantasme tout aussi fort sur le chemin du retour qui me mène à ma splendide demeure. Deux heures de temps s’écoulent avant que je ne dégringole de mon petit nuage, lorsque je m’attaque vigoureusement au nettoyage de mon bureau. Une pièce de 50 centimes y traîne de façon totalement inopinée ; je trouve alors de bon aloi de la ranger avec ses petits camarades dans mon magnifique portefeuille de luxe, pour lequel j’ai dû hypothéquer un membre de ma famille l’année dernière. Léger problème : je ne parviens pas à mettre la main sur l’objet convoité. Etrange. Après un retournage d’appartement en bonne et due forme, je comprends avec horreur… que tout à ma joie, j’ai laissé mon sac de cours à la laverie. Sac contenant en plus de tous mes papiers d’identité, un bouquin à rendre à l’Iouéfème, une bonne partie de mes révisions, plus d’autres trucs qu’il serait indécent de lister ici. Le problème d'avoir un portefeuille 2000 en un, c'est quand on le perd on se retrouve vraiment à poil. Je ne peux tout d’abord m’empêcher de penser perfidement à mon argent si bêtement envolé, mais surtout le souvenir de ma carte d’identité me hante… on est à J – une semaine du concours, et je me vois déjà recalée pour vice de forme, à la rue et sans amis. Je suis à deux doigts de précipiter par la fenêtre ma cervelle de moineau et ce qui me sert d'enveloppe corporelle (et je suis à peu près sûre de ne pas me rater car j’habite dans la plus haute chambre de la plus haute tour).

En totale panique, je me rue à la laverie… ou bien sûr mon sac n’y est plus. Plus tremblante qu’un parkinsonien, je m’apprête à composer le numéro d’urgence de la laverie (j’avais eu la présence d’esprit de laisser mon natel chez moi), quand je tombe sur sur une petite affichette :

« La personne ayant oublié son sac est priée de se présenter à la police municipale ».

A cet instant, j’ai bien cru que mon palpitant allait quitter son receptacle original. Je fonce alors à l’endroit indiqué (oui, j’ai beaucoup couru ce jour-là : ça rattrape tous les autres jours de glande). J’explique à la madame de l’accueil la raison de ma visite, quand j’aperçois dans un coin l’objet de toutes les convoitises. Elle me dit avec désinvolture : « C’est CA ??? ». J’opine du chef, l’œil mouillé. La dame me le refourgue alors dans les bras, sans chercher cinq minutes à vérifier la véracité de mes propos. Au comble de la montée d’adrénaline, je ne cesse de remercier chaleureusement ma salvatrice qui ne me répond que par des borborygmes, l’ingrate. En fait, elle voulait juste avoir la paix pour finir tranquillement sa grille de sudoku.

J’attrape prestement mon Lancaster : tous mes papiers sont miraculeusement en place (et les 10€ aussi). Je vous raconte pas comment j’avais envie de hurler ma joie au monde, de faire des claquettes sur les passages cloutés, d’embrasser tous les passants, voire d’aider les petits vieux à traverser la rue (euh, non, faut pas abuser non plus).

 

Sinon dans la série « mon bol est légendaire », j’ai récemment prêté une paire de ciseaux au réparateur de la machine à friandises de l’Iouéfème ; pour me remercier, il m’a filé un paquet de M&M’s. Et j’ai même pas eu besoin de faire la greluche. Elle est pas belle la vie ?

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette (et de ses nombreux anges gardiens super efficaces !)

 

 

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Source : ici !

PS : promis, dans mon prochain billet (pas de banque, hein) je rétablis la vérité quant à la firme Pilot.

17.05.2008

La Chance - part.1

Donnez une chance à la chance, alors elle devient nécessité.

(André Régnier)

 

 

128850377.jpgans la vie, il existe deux types de personnalités. Alors que certains naissent dans une merde internationale et galèrent comme des forcenés à la moindre de leurs actions, d’autres flânent dans la vie avec une grâce qui n’a d’égal que leur fortune.

Personnellement, je fais partie de la deuxième catégorie. Je suis née un vendredi 13 (nan, en fait c’était un dimanche 11 mais ceci n'est qu'un détail insignifiant), avec une cuillère d’argent dans la bouche, le postérieur ourlé de pâtes alimentaires. Soyons francs : depuis toute petite, j’ai un bol totalement indécent, à tel point que ça en deviendrait presque pénible pour les autres.

La fille qui souhaite un stage dans une classe Freinet et qui l’obtient sans rien demander à personne alors que 4 étudiants sur 110 ont été choisis, c’est moi.

Celle qui n’a jamais connu le chômage, qui a trouvé du boulot dès qu’elle en a eu besoin, à telle point qu’elle a dû démissionner d’un taff pour un autre, c’est encore moi.

La meuf qui ne paye qu’un tiers de son traitement orthodontique et qui en plus se fait poser gratuitement une contention, c’est toujours moi.

La nana qui a toujours trouvé sur sa route des gens admirables, entièrement dévoués à sa cause, alors qu'elle est une affreuse chiante égocentrique, c’est re-moi. Sauf en amour, où j’ai fréquenté des gens relativement tout pourris ; il doit y avoir une légère corrélation avec le fait que je ne sois pas très difficile.

 


Des histoires comme celles-ci, j’en ai à revendre. Bien qu’ayant une propension assez marquée à faire n’importe quoi, les choses ont toujours tourné à mon avantage d’une façon quasi-magique. Bref, je suis plus vernie que les ongles de Paris Hilton.

 

Je mets tout de même une main sur ma tête : il n’est pas complètement exclu vu les circonstances actuelles que je me prenne une grosse vautre d’ici peu à l’annonce des résultats. Cependant ce cas de figure n’est pas représentatif d’un quelconque manque de chance, puisque cette dernière n’est qu’un élément constitutif de la situation parmi d’autres ; de plus je reste fermement persuadée que la quête de la Légende personnelle joue un rôle non négligeable dans cette étape capitale de mon existence – sur laquelle nous n’avons aucune prise, nous sommes bien d'accord –.

De toute façon, ceci ne serait qu’un prétexte pour avoir encore plus de chance au prochain coup. Et toc.

 

Mais laissez-moi plutôt vous raconter une nouvelle anecdote croustillante qui illustre à merveille mes propos.

 

Il y a peu, par une journée brumeuse à Goodcity (dite « La Cuvette »). Le linge sale ayant décidé de coloniser mon appartement, je décide de remédier à cet état de fait. Les bras chargés de deux énormes sacs pleins dudit linge, je m’en vais d’un pas alerte mais néanmoins décidé vers la laverie située à environ 1 minute 30 de chez moi. Aller dans cet endroit me rend toujours d'humeur joviale ; je ne saurais expliquer pourquoi vu qu’il y fait froid, que ça pue, que c’est cher et que les grandes baies vitrées offrent une proximité assez gênante avec les passants qui m’observent d’un œil amusé entasser le plus vite possible mes petites culottes et autres chaussettes rayées (ma passion). Peut-être la satisfaction du devoir accompli, je ne sais.

Toujours est-il qu’exceptionnellement, il y a quelqu’un. Etant un peu sociopathe sur les bords, je m’arrange au maximum pour m’y rendre à des horaires délaissés du grand public. Las, je lui adresse tout de même un jovial « Bonjour ! » auquel ce Quelqu’un me répond de façon non moins joviale. Je lance mes deux machines (deux températures différentes ; mais je suis maline, j’avais déjà pré-trié mon linge dans les deux sacs ! Ahah !) et laisse les deux bazars tourner pendant que je m’en retourne vaquer à mes palpitantes activités.

 

40 minutes plus tard, me voici de retour. Y’a toujours Quelqu’un, qui discute avec M. Entretien. M. Entretien, je vous en ai jamais parlé, mais c’est une personne pour qui j’ai une sympathie immense : c’est lui qui s’occupe de nettoyer la laverie comme son nom l'indique. Il y met tellement de bonne volonté qu'on ne peut avoir que du respect pour lui. Je squatte tellement souvent qu’il commence à me connaître ; dès qu’il me voit arriver il me dit, l’air polisson : « Alors, on vient travailler ? Ha ha ! ». Et moi, de le voir se marrer, ça me rend toute gaîte. Mais j’arrête le pathos sinon on va croire que je suis quelqu’un de sympa, ce qui est proprement impensable.

Pour perpétuer la tradition, M. Entretien me balance sa vanne habituelle alors que je m’apprête à récupérer mes biens. Quelqu’un comprend donc qu'une grande connivence nous lie. Il s’approche de moi et me lance : « 'paraît que vous venez souvent ici ? »

Moi : « Oui pourquoi, tu fais partie d’Interpol ou t’es un fan de mon blog, un truc dans le genre ? »

Et voilà t’y pas qu’il me tend un billet de 10 €, comme « geste commercial ». Dans le mile Mimile, c’était le patron de la laverie, en fait.

 

Mais ce n’est que la première partie de l’aventure.

05.03.2008

La réclamation

447424881.jpghers lecteurs,

 

 

Aujourd'hui, je vous offre un billet pas vraiment comme les autres. En fait, je viens d’écrire un mail de réclamation au service clients d'une grande marque de stylos suite à un léger souci technique. Et comme je me suis trouvée particulièrement en verve, je trouvais dommage de ne pas vous en faire profiter. Finalement le genre épistolaire, ça me réussit...

J’espère vraiment que cela ne  restera pas lettre morte, ça me ferait trop marrer. J’vous tiendrais au courant, promis.

Et s’ils répondent pas, pour me venger, je balance leur nom et je leur fait une contre-pub d’enfer. Non mais.

 

 

"Madame, Monsieur,


Je vous écrit suite à l'immense déception que j'ai ressentie suite à l'achat de l'un de vos produits. En effet, j'ai fait l'acquisition le samedi 1er mars dernier dans l'hypermarché Biiiip à Biiiip un stylo de votre gamme dite "Biiiiip". En effet, il m'avait été chaudement recommandé par une amie. Et il n'y a aucune raison de douter de la sincérité d'une amie, n'est-ce pas ?


J'ai donc décidé de tester ledit stylo le lundi suivant mon achat, alors que je passais une épreuve écrite. En effet, je suis étudiante, et ces pratiques sont choses courantes dans le petit monde de l'Education nationale. Au premier abord, j'ai été très agréablement surprise par sa qualité d'écriture, et j'ai été séduite par son côté pratique. Mais les choses seraient trop simples si elles s'arrêtaient là. Vous vous doutez bien que je ne vous écrit pas pour vous féliciter, vu que ce mail a commencé par l'exposition de ma cruelle désillusion.

Alors que pleine d'inspiration (serait-ce un effet secondaire dû à votre stylo ?), j'attaquais joyeusement la deuxième page de ma synthèse, voilà-t-y pas que mon Biiiip refuse catégoriquement de faire son travail, à savoir écrire des mots dictés par ma plume virtuose. J'eus beau essayer toutes les techniques de grand-mère tel quel le grattage sous la semelle ou le soufflage dessus, rien n'y fit. Mon Biiiip avait définitivement passé l'arme à gauche.

Etant tout de même surprise par un tel phénomène étant donné sa grande nouveauté, je décidai de l'ouvrir afin de comprendre la raison de cette panne.
Et vous ne devinerez jamais l'horrible découverte qui fut mienne. LA CARTOUCHE ETAIT VIDE ! Non mais des fois.


Vous imaginez bien que ce mail n'est pas vraiment désintéressé, et qu'il me semblerait de bon aloi de compenser ce petit bémol.


Je suis sûre que vous aurez su prêter un oeil attentif à ma requête, et espère donc que vous saurez réparer cet outrage qui bien sûr porte atteinte à la bonne image de votre société.


Bien cordialement,

Belle Lurette."

24.02.2008

Les Propriétaires - Part. 2

427633642.jpguite et fin de mes péripéties avec les Vilains.

 

 

 

 

Je vous passerai les détails de la filature durant laquelle je découvris que deux raclures de latrines adolescentes en devenir, ayant intercepté le code d’entrée par on ne sait quel miracle, rentraient dans ma résidence comme si c’était chez mémé. La piste de Vilaine qui n’y voit que dalle et qui met mille ans à taper le code n’est pas à exclure. Appelez-moi Julie Lescaut.

 

Non contentes d’avoir déniché un squat tout de même plus classe que le foyer socio-éducatif, ces Britney Spears en puissance futures adultes trouvaient super fun de chourer des coussins dans les couloirs et d’ouvrir le courrier des autres. Bon, les coussins on s’en fout, ils sont moches ; mais le courrier c’était le mien. Et là, autant dire que ça rigole plus.

 

Si ces faces de rat prometteuses lycéennes mettaient autant d’ardeur à étudier qu’à faire des conneries, dans deux ans l’Humanité est sauvée, on aura trouvé le vaccin contre le sida.

 

 

Après avoir mis à jour ces odieuses manigances, je suggère insidieusement mais néanmoins fermement aux Vilains de changer le code de tous les dangers, qu’on en finisse. Grand mal m’en a pris… j’ignore alors que ma propre idée va sous peu se retourner contre moi, avec une violence qui n’a d’égal que son génie. Ô cruelle Destinée, ta funeste engeance l’Ironie aurait-elle assombri de sa présence le jour où je vins au monde ? Je ne sais.

 

Toujours est-il que quelques jours passent et nous voici en week-end. Moment on-ne-peut-plus privilégié dans ma vie estudiantine puisque les Mouettes, en mal d’amour parental, fuient à tire d’ailes leur habitat goodcityois. Et là, je vous explique même pas comment je suis trop la reine du pétrole. Vas-y que je me douche à pas d’heure, que j’écoute la musique à un volume indécent, que je beugle comme un veau qu’on égorge dans ma salle de bains afin de mettre à profit les techniques vocales patiemment enseignées par John-Peter, mon prof de musique. Bref, la vraie vie.

 

Arrive le soir. Déjà, je suis passablement sur les nerfs car Internet ne marche plus (tiens, un chewing-gum aurait-il lâché ?) ; et voilà qu’on a l’audace de frapper à ma porte. C’est Vilaine. Oh, oh, ça sent mauvais, elle a la même tête que les Sauvageons quand ils avaient fait une grosse, grosse connerie.

 

-          «  J’avais laissé ouvert pendant que je faisais une course, et on vient de nous voler les clés… »

 

Moi, agacée par ce manque de précision lexicale : - « Mais LES clés… c’est-à-dire ? »

 

Elle, commençant à se décomposer : - « Ben… les clés des appartements… et en plus, vous êtes toute seule dans la Maison… »

 

Moi : - « Nan mais c’est pas possible ! T’as oublié ton cerveau dans un verre d’eau ce matin ou quoi ? Ah ben bravo, et après ça vient nous donner des leçons de morale sur la sécurité, franchement vive la France !!!! »

 

Non, en vrai je l’ai pas dit, mais je l’ai pensé très fort.

 

 

J’irais pas jusqu’à dire que je me suis mise à fouetter. Mais quand même, la soirée ne se présentait pas sous les meilleurs hospices.

 

Trente minutes plus tard, Mini Vilain (dit aussi Jean-Claude) se présente.

 

-          «  Y’avait un problème… y’a plus de problème ! J’les ai chopées les mômes, j’les ai mises à poil ! » (je vous l’avais dit, il est très con !!!)

 

Moi, tentant de donner le change en mâchant à toute allure ma bouchée de patates sautées : - « Ah ? »

 

Lui, prenant ça comme un encouragement : - « Ouais, c’est bon, j’ai tout récupéré ».

 

 

Deux jours plus tard, à force de prêcher le faux pour savoir le vrai avec l’innocence de la vipère qui vient de naître, Vilain m’avouera qu’il a remarqué l’absence de quelques clés « sans importance, dont celles de la boîte aux lettres » (!!!). Je manque de m’évanouir d’horreur : j’attends une oreillette bluetooth qui m’a coûté un bras. D’ailleurs anecdote cocasse, j’ai bien fini par la recevoir, mais le mode d’emploi était uniquement en japonais ; cela a donc été une franche partie de rigolade pour comprendre comment ça fonctionnait.

 

Depuis, je fais tout livrer chez mère, chez qui je rentre tous les 36 du mois. Super.

 

 

Mais ce n’est pas le pire. Si vous avez tout bien suivi, reste le délicat problème du code à régler.

 

J’ai quand même senti qu’il allait y avoir baleine sous gravillon avec cette histoire-là. Un jour, je dis à Walkeuse (une Iouéfémienne avec laquelle j’ai l’honneur de partager plus que des cours) :

 

-          « Je sens que je vais rentrer et que le code aura changé ; je vais encore me retrouver Grosjean comme devant ! »

 

Walkeuse, remarquablement dévouée à ma cause, m’accompagne jusqu’à chez moi, au cas où.

 

Composition du code. Angoisse. La porte reste obstinément close. Re-angoisse. En désespoir de cause, je m’acharne sur l’interphone pour joindre les Vilains (ils sont là, les monstres, leur voiture est devant la résidence). En vain. Re-re-angoisse. Et bien sûr, mon mobile est hors de portée. Bref plus la loose, tu meurs.

 

Walkeuse prend pitié de moi et de mon état de décès avancé, et me ramène chez elle. Nous entreprenons alors une grande quête pour réussir à joindre les Vilains, qui s’apparente plus à un jeu de piste. On commencer par appeler sur les deniers de Walkeuse toutes les Mouettes disponibles. Personne n’est joignable. Les Vilains ont en plus la bonne idée d’être sur liste rouge, sinon ça n’aurait pas été drôle.

 

Comme dans tous les moments de profond désespoir, une seule personne semble avoir les moyens de me sortir de ce bourbier : Mère, mon Deus ex-machina à moi. Je mise gros, car elle est l’ultime bastion contre la dépression qui me guette. Toujours au taquet, Super Mother met la main sur le numéro des Vilains en moins de temps qu’il ne faut pour manger un pancake.

 

C’est peu dire que j’étais remontée comme un coucou suisse quand j’ai fini par joindre Vilaine :

 

 

Moi, qui ne prend même plus la peine d’être aimable : - « VOUS AVEZ CHANGE LE CODE ???? » (je me suis quand même présentée avant, pour faire style).

 

Elle, faussement naïve : « Euh… ouiiii… »

 

Moi : - « CA SERAIT POSSIBLE DE ME LE DONNER, QUE JE PUISSE RENTRER CHEZ MOI ? CA FAIT UNE HEURE QUE JE SUIS COINCEE DEHORS !!!! »

 

 

Comble du comble du comble, alors que j’arrive enfin dans mon home sweet home après tant de vicissitudes, harassée, lessivée, que dis-je, au bord du gaz, je trouve glissé sous la porte un petit mot… avec indiqué dessus le nouveau code. Quelqu’un peut-il m’expliquer : à quoi ça sert d’avoir ce maudit code une fois à l’intérieur ???

 

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (qui, c’est promis, ne parlera pas des Vilains dans son prochain billet !)

 

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Source : ici !

16.02.2008

Les propriétaires - Part.1

Tu vois ce qu'il y a de pire, c'est de rester silencieux quand les vieux disent des sottises...

(August Strindberg)





447424881.jpghers lecteurs,




Non, je ne suis pas morte, juste un petit peu décédée sur les bords. En fait, depuis que j’ai décidé de me livrer corps et âme à l’Ed’ Nat’, mon temps de glande s’est trouvé considérablement raccourci ; sauf le soir après 20 heures où je ne manque pas de m’épancher auprès des divers contacts qui peuplent mon natel, avec une prédilection particulière pour Mère qui sait mieux que personne prêter une oreille attentive à mes plaintes désespérées et autres craquages de nerfs réguliers. Mais bref.



Aujourd’hui, je vais tenter de vous offrir un récit d’une drôlerie jubilatoire, afin de me faire pardonner cet abominablement long silence. J’espère ainsi faire accourir mes fidèles lecteurs qui ont fini par déserter les bancs, fatigués d’espérer un nouveau billet qui n’est jamais venu. J’ai songé l’espace d’un instant à planter ici-même un panneau indiquant « Ici commence le désert de Gobie », mais il était déjà utilisé dans la tête d’Eve Angeli. Et puis comme chacun le sait, Belle Lurette possède, tel le Phoenix, la capacité de renaître de ses cendres (j’ai toujours eu du mal à savoir quand utiliser « la capacité de » ou « la capacité à ». C’est pourri la langue française, des fois).
En tout cas, j’ai quand même pu pendant ce temps me délecter de quelques recherches googlesques plus ridicules les unes que les autres, ma préférée étant « pose de sonde urinaire par maîtresse ». Non mais y’a VRAIMENT des gens qui s’intéressent à ça ?


Enfin. Pour fêter le retour de la bloggeuse prodigue, j’ai choisi d’aborder un sujet qui possède un haut potentiel comique : mes propriétaires. J’ai commencé à vous en toucher un mot dans mon précédent billet, mais là, attachez vos ceintures et callez bien vos fesses au fond de vos sièges, y’a du méga lourd.

La première fois que je les ai vus, j’ai eu tendance à pas trop me méfier : ils étaient un peu relou, mais bon, c’est des vioques, on pouvait pas en attendre moins d’eux. J’étais tellement au comble de la joie d’avoir trouvé un pied-à-terre décent que j’ai pas trop fait la pénible – ce qui est rare, je vous le concède volontiers –.

En plus ils ont un nom trop marrant, c’est idiot mais je me suis dit qu’on pouvait pas être mauvais en portant un patronyme pareil. Bref, tout était merveilleux, les petits oiseaux cui-cui.

Ils ont aussi un fils, dont je n’ai fait la connaissance que tardivement, mais à vrai dire ça ne m’avait jamais vraiment manqué. Ce dernier vit dans la résidence et ressemble de façon assez troublante à Jean-Claude Van Damne, mais avec 10 centimètres en moins et en beaucoup plus con. C’est vous dire le niveau. Je pense que son métier, c’est fumeur de clopes en ascenseur ; en tout cas il remplit remarquablement bien sa tâche. Un jour, excédée par l’odeur pestilentielle qui flottait dans ce cagibi de 3m², j’ai gueulé très fort : « AH, L’ENFOIRE !!!! ». J’avais bien les nerfs, je devais avoir passé une sale journée à l’Iouéfème. J’espère qu’il m’a entendu. De toute façon, les murs sont fins comme du papier à cigarettes (ah, ah, ah).

Il y a une mouette qui s’est plainte d’avoir tous les jours M. G qui grattait un placard en face de chez elle. J’ai alors émis l’hypothèse qu’ils cachaient un fils encore plus débile que le précédent, et en fait ils le planquaient parce qu’ils avaient honte. Voyez, même dans la vie je suis quelqu’un de particulièrement drôle.



Puis avec le temps, j’ai pu remarquer de grosses digressions entre le discours de ces braves gens et leurs actions. Mon appartement était censé être livré prêt à consommer ; or la saleté était telle que Père a pu écrire dans la poussière « T’es mort ». C’est un rigolo, Père. Moi qui me demandais d’où venait mon humour dévastateur.

D’ailleurs l’appart était tellement bien récuré que j’ai retrouvé deux stylos, une manique brûlée, une ventouse, une ampoule, une pince à épiler, de la lessive et du produit pour désinfecter de la précédente locataire. Comme rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, j’ai fini le pschit qui fait la peau aux acariens. Je veux bien que Mme G. soit complètement bigleuse, mais quand même, rater un paquet de lessive, faut le faire.



Puis ensuite il y a eu Internet, que j’aurais dû pouvoir avoir dès mon arrivée (fin août) et qui a été installé mi-novembre. Une sombre histoire jamais vraiment résolue de câbles qu’on ne peut pas tirer (par qui ?), de raccordement impossible à un poteau appartenant à on sait pas trop quelle société… et moi, « avec ma p’tite box j’avais l’air d’une conne, ma mère ».

S’en sont suivis des imbroglios abracadabrantesques avec Couleur-un-peu-plus-foncée-que-jaune, où j’ai expliqué à 1000 conseillers qu’il fallait arrêter de me débiter la somme astronomique qui m’était demandée chaque mois pour avoir le privilège d’être connectée à la Toile, puisque manifestement je ne l’étais PAS, et que même pas c’était ma faute. Je me suis entendue dire 1000 fois qu’il n’y avait pas de problème. Et chaque mois, bim, ça manquait pas, prélèvement de sous intempestif. Fatiguée de me battre avec des têtes de bois injoignables :
podcast

je suis allée voir la concurrence, qui m’a accueilli les bras ouverts, malgré une méfiance certaine et bien compréhensible lorsque j’ai expliqué que j’avais été victime d’incompatibilité d’humeur avec mon précédent opérateur :

« Mais euh dans quel sens ? Vous avez des impayés ? »

« Non, non, j’ai même trop payé, j’attends d’être rebitée, et que les poules aient des dents… »



Et puis, y’a eu cette histoire de « Je connais quelqu’un ». Ils connaissent toujours quelqu’un : un électricien, un plombier, un informaticien… mais j’espère sincèrement que c’est leur hobby, pas le moyen de gagner leur croûte, vu leur relative incompétence dans leurs soi-disant domaines de prédilection.

Bref, les Thénardiers sont des magouilleurs de première, même – et surtout – pour Internet, que je capte par un système pas possible qui doit être relié aux câbles téléphoniques par des vieux chewing-gums.

Et c’est là que tout s’est éclairé. C’était pourtant si évident. Soyons réalises, MES PROPRIETAIRES FONT PARTIE DE LA MAFIA GOODCITYOISE !!! Peut-être même que le vieux, ben c’est le parrain. Alors je ferais mieux de m’écraser au lieu de baver joyeusement sur eux.

 

Un autre trafic malsain a eu lieu pendant les vacances de Toussaint. Ils ont profité de mon absence pour installer deux radiateurs supplémentaires, les autres étant soit tout pourris, soit ils faisaient sauter les plombs. Je n’ai pas été prévenue, mais j’étais quand même contente, j’allais pouvoir passer l’hiver sans caner de froid.

Les choses se sont légèrement gâtées lorsque j’ai atteint les cabinets. Tenaillée par une envie toute naturelle, je me dirige fièrement vers ledit endroit. Puis après tout c’est MES toilettes, j’y fais ce que je veux. Avant de poser mon auguste séant, je m’aperçois de quelque chose d’étrange. Le rouleau de papier toilette n’est pas dans le même sens que d’habitude. Vous savez, c’est le sens des radins, où on galère pour obtenir une pauvre feuille poussive… c’est beuzarre. Mais le pire reste à venir. Je vois sur le siège des taches suspectes qui n’y étaient pas du tout à mon départ… j’ai alors stoïquement enfilé des gants, chopé la Javel et ai récuré de toutes mes forces en retenant une forte envie de raquer (merci à Aînée et à sa légendaire abnégation, qui a dû m’épeler ce mot au téléphone, devant un parterre de gens incrédules).

J’ai jamais osé leur en parler ; en fait, je me voyais mal demander : « Avez-vous eu l’audace d’uriner dans mon lieu d’aisance en mon absence ??? ».



Puis il y a eu bien d’autres choses.

La suite demain.

08.10.2007

L'emmenagement

Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne avec soi :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

(Nicolas Boileau)

 

 

447424881.jpgomment j’ai trop de choses à vous raconter depuis la dernière fois, un truc de guedin. A côté de moi, David Guetta il a trop une vie de merde.

 

 

Pour résumer la situation, cela fait déjà un bon mois que je suis établie à GoodCity, et je peux dire que c’est tous les jours la fête du slip à mémé.

 

 

Mon studio est situé au dernier étage d’une résidence où ne vivent que des filles – que nous appellerons par commodité « mouettes » –, mis à part une étrange créature dont nous avons fait la connaissance par le plus grand des hasards. Comme nous usons tous nos fonds de culotte sur les mêmes bancs, nous avons rapidement développé une sorte de sympathie spontanée les uns envers les autres ; de plus, ma nature profondément optimiste me pousse à voir en tout être humain inconnu un potentiel nouvel ami. J’ai même réussi à extorquer une recette de cookies à l’une des mouettes, c’est vous dire combien j’ai la cote.

 

D’ailleurs, la mouette est une espèce intrinsèquement solidaire, et ça c’est pas superfétatoire. Elle partage ses cours, son casse-graine, sa voiture, ses chaussettes, son aspirateur, et migre le plus souvent en groupe vers le Pays où l’éducation est plus belle. Je dois être tombée sur un nid de mouettes rieuses…

 

 

Mais le bonheur parfait n’est pas de ce monde ; je me suis donc heurtée lors de mon emménagement à quelques légers problèmes techniques, bien compréhensibles étant donné l’âge avancé de mes propriétaires. Voici un rapide inventaire des diverses absences que mon œil mauvais a pu répertorier :

 

-          chaises (légèrement problématique, vous en conviendrez),

-          eau chaude (le premier jour, j’ai failli décéder d’un arrêt cardiaque dû à un choc thermique violent),

-          gaz (armée de ma lime à ongles et d’un acharnement sans égal, je ne pus cependant pas venir à bout de cette maudite bouteille : je me résignai donc à boulotter tristement du maïs froid et un bout jambon pour pendre la crémaillère. Youpi.),

-          bac à légumes dans le frigo (fâcheux, quand on sait que mon alimentation est composée pour les ¾ des aliments susnommés).

 

 

Plus coriace qu’un pit-bull en rut, j’ai pas lâché l’affaire jusqu’à la dernière goutte d’eau chaude.

 

 

Une fois le problème des divers manques réglé, il fallut m’attaquer à celui… des présences encombrantes. Déjà, j’ai réexpédié avec promptitude une lampe très vilaine et une poubelle non-moins laide chez leurs propriétaires originels. Puis je fus confrontée au problème du Vivant. Je m’aperçus en effet avec horreur que je n’étais pas la seule à occuper les lieux : de drôles de petits insectes inconnus au bataillon s’ébattaient joyeusement sous mon nez la nuit venue. Remontée comme un coucou suisse, j’ai exterminé la moindre de ces créatures avec calme, rigueur et méthode, aidée par la certitude absolue de l’emporter sur l’envahisseur. Ce qui fut le cas. Spéciale casdédi à Beygon, qui fut un précieux allié pour mener à bien mon entreprise, même si le traitement faillit également m’intoxiquer. Mais bon, la fin justifie les moyens.

 

Je passerai rapidement sur mes autres meilleures amies, les mouches, dont le nouveau jeu consiste à venir crever en bande dans mon salon. J’ai compté, y’en avait au moins 30. Je n’ai rien dit, et me suis contentée d’aspirer avec un stoïcisme qui m’étonna moi-même.

 

 

Tout ça pour vous dire qu’il est désormais inutile de vous biler pour mon confort matériel. L’opulence dans laquelle je vis me permet même, privilège des privilèges, d’avoir le chauffage… après cependant une mésaventure dont je suis la spécialiste. Un matin, j’ai naïvement tenté de mettre en route mon radiateur d’appoint, mais les plombs ont pas du tout aimé l’idée. La loi de l’emmerdement maximum suivant son odieux cours, mon portable venait de me lâcher… et donc plus de jus pour le charger ! Je m’exclamai alors intérieurement : « Par la malepeste ! La mesure est comble ! ». Plutôt que de m’ouvrir les veines sur le pallier, je suis allée réveiller Petit Bouchon – une amie-mouette – pour qu’elle me prête son cellulaire.  J’eus donc l’unique privilège de pourrir la vie de mes proprios aux aurores (« Jacky ! C’est la petite du 5ème ! Ca a tout pété !!! »). Après une rapide inspection de Jacky, qui ne put pas faire grand-chose, un électricien se pointa pour voir de quoi il en retournait. D’ailleurs ce monsieur a une technique bien particulière pour rentrer chez les gens : il ouvre la porte en grand, et toque une fois à l’intérieur ! Depuis, je ferme ma porte à clé.

 

 

Mais j’élide un point important en disant que je ne manque de rien : je n’ai toujours pas le net. Et vu comment mes propriétaires sont calés en nouvelles technologies, on est pas sortis de l’auberge, c’est moi qui vous le dit. Le jour où je leur ai demandé s’ils étaient connectés en Wifi ou en ADSL, ils m’ont répond laconiquement : « oui ». D’ailleurs l’union faisant la force, on a monté une kabbale avec une autre mouette, histoire de faire avancer le Schmilblick. Mais mes péripéties sont tellement drôles et complexes que j’en ferais prochainement l’objet d’un billet à part.

 

 

Bon allez, je vous laisse, faut que je prépare un autre post pour vous raconter mon premier fou-rire suite à une leçon de français particulière, mes boulettes à la laverie, comment je me suis retrouvée en prison, pourquoi une randonnée s’est conclue par « vivre libre ou mourir », comment j’ai été contrainte à ouvrir la bouche à m’en faire péter les muscles masticateurs, et surtout, surtout, vous prouver que je suis un vrai bourreau des cœurs. Bref, rien que du très normal.



 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de son nombrilisme exacerbé !)

 

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(source : BL herself)

30.08.2007

La Mouvance

Les déménagements sont les mouvances de l'existence. Ça bouleverse, ça empêche l'habitude...

(Louise Portal)

 

 

128850377.jpgepuis quelques jours, j’ai la désagréable sensation de vivre dans quelque chose qui pourrait ressembler au souk de Marrakech. En effet, dans mon espace vital restreint sont amoncelés nombre d’objets d’un exotisme torride : une poêle à frire côtoie de façon inopinée des ciseaux à ongles, eux-mêmes placés de façon très logique près d’une poubelle blindée d’ustensiles aussi divers qu’hétéroclites.

 

Mais quelle est la raison de ce capharnaüm ? pensez-vous, bande de petits curieux. Belle Lurette serait-elle à ce point écœurée de la civilisation et surtout des hommes qui la composent pour décider de revendre ses maigres biens, pourtant si durement acquis à la force des poignets, sans aucune autre forme de procès ? Aurait-elle enfin décidé d’investir les quelques deniers ainsi récoltés dans l’achat d’un aller simple pour Lhassa, où elle pourrait vivre libérée des diktats de la vie moderne et mener à l’image de Siddhârta une existence faite de méditation et d’errance, qui lui permettrait de dire merde à son ego une bonne fois pour toutes ???

 

Eh ben non, même pas.

 

Poussée par mon goût inné du risque, je me prépare à découvrir une nouvelle contrée sauvage et inhospitalière. A celui qui pense que les études ne servent à rien, elles auront au moins eu pour moi l’avantage de me promener aux quatre coins de Rhône-Alpes : on a l’âme d’un bandit de grand chemin ou pas. Après avoir passé trois ans à Lyon (regrets éternels), effectué un passage-éclair à Biiip – la ville la plus épouvantable de France –, être retournée une année et demi chez ceux qui ont eu l’incommensurable bonheur de me donner le jour et avoir bossé dans un département limitrophe, j’ai été catapultée décidé de mon plein gré de m’établir dans une nouvelle cité pleine de promesses, que rien que son nom ça fait envie. Pour résumer, c’est the place where nothing can go wrong (comprenne qui pourra). En plus, je t’ai déniché un appartement du feu de Dieu, même s’il me coûte un rein par mois. Mais bon, ne nous arrêtons pas à ces considérations bassement radinesques.

 

Forcément, qui dit « déménagement » dit « cartons », « tri », « prise de tête », et tout un tas d’autres activités largement aussi réjouissantes.

 

Par exemple, on se retrouve toujours avec un accessoire indispensable qui manque à l’appel. En voici la preuve par trois : j’ai décidé cette année pour éviter une mutation génétique imminente de me passer de micro-ondes. Comme je suis amatrice de thé, j’ai souhaité investir dans une bouilloire sifflante, parce que ça tape quand même bien la classe. Ayant de la suite dans les idées, j’ai tout de même couru une journée entière avant de me résigner à rentrer brecouille. Le pire de tout, c’est quand je suis arrivée chez moi, l’œil hagard, le cheveu en berne, la mine dépitée et le pied fumant. Mère me dit le plus calmement du monde… qu’elle en a vu chez « Machin, des idées de génie ». ALORS QUE J’EN VENAIS, nom d’une pipe en bois ! Je vous jure qu’à cet instant précis, j’étais au bord du gaz.

 

Autre fait que je trouve particulièrement traumatisant : la mise en cartons. Avez-vous remarqué qu’on trouve JAMAIS de carton à la taille souhaitée ? Ou serais-je victime d’une odieuse machination perpétrée par le gouvernement, dans le but de tuer dans l’œuf ma fibre éducatrice afin d’effectuer de substantielles économies ? Je ne sais. Toujours est-il que j’ai des problèmes d’emballage. Ayant ouï dire que je pourrais trouver quelques-uns des réceptacles tant convoités dans la cave, je m’y dirige d’un pas décidé pour trouver mon bonheur. Et là, vous me croyez si vous le voulez, mais il y avait du caca d’oiseau DANS un des cartons. Mais comment ce maudit volatile a-t-il pu se laisser aller à l’intérieur du truc ? A la grosse limite, pourquoi pas à l’extérieur… ça m’aurait semblé étrange, car les piafs ne courent pas les caves d’accoutumée ; cependant cela aurait été un poil plus plausible.

 

Donc malgré l’adversité, nous voici à J-2 et tout est sensiblement prêt. Je me dis que par la force des choses, j’approche du but ultime comme cela fait des lustres que je classe plus que de raison. D’ailleurs s’il me restait le moindre tri à effectuer, je pense que je me ferais péter un boyau de la tête.

 

Je vous fais un dernier bécot ardéchois avant de m’envoler en voiture vers le pays où la vie est pas pareille. Je vous réserve d’ici peu une petite surprise musicale qui ne manquera pas de ravir vos oreilles de mélomanes avertis.

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses cartons !)

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(source : BL herself)

22.08.2007

Le Con

Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue.

(Albert Einstein)



1466140794.jpgmis de la poésie, bonsoir.

Vous qui êtes friands d’anecdotes mêlant avec brio élégance et joyeuseté, laissez-moi vous dire que vous n’allez pas être déçus par ce que j’ai décidé de vous raconter aujourd’hui.

 

Un samedi soir sur la Terre. Poussées par notre instinct grégaire qui sonnait une fin de vacances imminente, nous avions prévu avec des amies de passer une agréable soirée entre nanas, avant de retourner chacune dans nos lointaines chacunières.

C’est un rituel que nous avions mis en place au beau temps de mes folles études universitaires, avec mes camarades féminines de l’époque. Le but de ces petites réunions (dites « soirées pétasses », c’est dire combien nous étions réalistes sur notre cas) était de parler jusqu’à des heures indécentes de sujets qui passionnent les filles superficielles que nous étions : fringues, maquillage, épilation et potins en tout genre (avec comme spécialité le dénigrement des garçons en général et des filles plus belles que nous en particulier). Dans cette périeuse épreuve, nous pouvions toujours compter sur l’aide de deux alliés infaillibles : les magazines débiles et une bonne bouteille de Sauternes.

 

Cher lecteur, en te révélant mon talon d’Achille je viens de mettre à mal la vision enjolivée que tu pouvais avoir de ma modeste personne : j’ai beau être quelqu’un dont la vie entière est menée par la quête d’une spiritualité plus pure, j’avoue que dans ces moments-là mon cerveau régresse irrémédiablement au stade reptilien, et je me retrouve être fascinée par les aspects bassement matérialistes de l’existence. C’est très mal. N’essayez pas à la maison, ceci est réalisé par des professionnels. Mais pour ma desserve, l’âge et la sagesse venant, ces réjouissances se sont progressivement transformées en discussions construites, matures et enrichissantes. Nonobstant, toujours avec la bouteille de Sauternes.

 

Mais ne nous attardons pas davantage sur l’exposé de l’un de mes nombreux défauts. Tenons-nous-en aux faits : le récit de mon samedi soir. C’est là que ça va devenir intéressant, pour ceux qui ne se sont pas encore endormis.

 

Histoire d’éponger le Sauternes, nous décidâmes d’aller quérir en ville de quoi nous sustenter. Dans notre recherche insatiable de la calorie, notre choix s’arrêta tout naturellement sur un kebab. Après avoir longuement disserté dans le but de savoir quel était l’artisan le plus qualifié pour mettre nos papilles en joie, nous voilà arrivées devant sa devanture. Une fois notre commande passée, nous décidâmes d’attendre cette dernière en profitant à l’extérieur des derniers rayons du soleil. C’est là que les choses se sont corsées. Sur ces entrefaits, arrive un jeune homme qui me semblait à peine sorti de la puberté. Comme quoi vous allez voir que la valeur n’attend pas le nombre des années. Ce charmant individu commence à nous faire une conversation des plus fraîches et pas du tout relou : « Whhhhaaaaah v’zêtes troooop belles ! J’vais vous manger ! Eh, les filles, vous avez quel âge ? Bla, bla, bla, bla. ». Mais bon, ça restait encore tout ce qu’il y a bon enfant, et dans un souci de politesse chacune se retenait de lui mettre un coup pour le faire taire. Heureusement pour nous, c’est à ce moment que nos mets furent prêts ; cela nous faisait une bonne excuse pour nous éclipser rapidement.

Après avoir payé – naturellement ! –, nous ressortîmes fièrement du resto, les bras chargés de victuailles humant bon les frites et l’agneau. Mais pour retourner à notre carrosse, impossible de faire autrement que de repasser devant l’aut’ gros naze… nous descendons fièrement les escaliers, et là Neuneu Premier sent que la situation lui échappe. Il tente alors une dernière approche, tellement abusée que ça en devient presque touchant. Lorsque j’arrive à sa hauteur, il me dit : « Whhaaaaahhhh, trop la classe !!!! Eh, tu me prêterais pas ton vagin ? ». Atterrée que quelqu’un ait pu formuler une phrase semblable, ma première pensée fut « diantre ! mais voilà une personne qui sait ce qu’elle veut ! ». Etant fraîchement célibataire, une telle proposition ne pouvait qu’être très tentante, surtout que j’ai été particulièrement sensible à la métonymie qui me désolidarisait de mes organes génitaux.

Mais mon bon sens reprit le dessus : je lui demandai vertement si ça allait pas mieux, avant d’éclater de rire. L’émotion, sans doute.

Heureusement, je fus la seule de ma bande à avoir entendu parler l’odieux personnage, qui vraiment a dû manquer de coups de pied au derrière dans sa prime jeunesse.

A toute chose malheur est bon, car comme me le faisait judicieusement remarquer Aînée, je suis tombée sur l’intellectuel de service puisqu’il connaissait l’existence du mot scientifique « vagin », vu que normalement j’aurais dû avoir droit à « tu me prêtes ta chatte ? ». De quoi se plaint-on ?

 

Si vous le voulez bien, je finirais ce billet en adressant un petit mot personnel à mon nouvel meilleur ami. Eh, Gros Naze, si jamais un jour tu tombes ici, faut pas te demander plus longtemps pourquoi tu pécho jamais.

 

 

Bienvenue chez Belle Lurette  (qui en une seule note cumule les google requests à la con !)

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(source ici !)

29.07.2007

Les Dents

Il faut souffrir pour être belle.

(Auteur inconnu, mais qui était un sinistre cretin !))



 

427633642.jpguite à un violent accident de mastication durant lequel j’ouïs un craquement des plus sinistres dans ma mâchoire inférieure, je me retrouve de toute urgence chez Didi, mon dentiste adoré. Chacun sait que la plupart des arracheurs de dents sont des sadiques notoires, qui prennent un malin plaisir à vous transpercer la gencive avec la pompe à salive ou à faire vrombir la fraise histoire de vous terroriser davantage. Mais mon Didi, lui, ne mange pas de ce pain-là : il a toujours un petit mot réconfortant entre une anesthésie locale et un détartrage. Bref, bien qu’étant dentiste, il n’en reste pas moins un saint homme. Alors qu’il ausculte l’intérieur de ma bouche avec passion, le verdict tombe : les quenottes du fond appuient sur celles de devant, et du coup ces dernières se décalent de façon inexorable (d’où le craquement sinistre). Si vous voulez, c’est un peu comme les plaques tectoniques, sauf que ça se passe dans ma cavité buccale. Et en effet, à y regarder de plus près, la cruelle vérité me saute au visage : mes dents du bas sont à peu près aussi bien rangées que celles de Timbaland dans le clip « Say It Right ». Remarque, lui a l’air d’en être très fier vu qu’il doit y avoir approximativement 200 gros plans dessus en 3 minutes.

Seulement, partie la moins marrante du diagnostic, c’est que seule l’orthodontie peut venir à bout de ce mouvement intempestif de dents. Didi me précise tout de même avec gentillesse que je peux très bien m’en passer, tout en sachant que cela ne fera qu’empirer ignoblement avec l’âge, et qu’il y a de fortes chances pour qu’on doive carrément enlever plusieurs dents par la suite. Et je finirais vieille, sans quenottes, ruinée, et bien sûr abandonnée de tous à cause de ma laideur.

 

C’est donc la mort dans l’âme que je retrouve avec une non-joie à peine dissimulée Mme P., l’orthodontiste de mon jeune temps. Car oui, à l’adolescence j’arborais déjà comme nombre de mes petits camarades une magnifique dentition ferrée, mais uniquement sur la mâchoire du haut, cette grande professionnelle n’ayant pas jugé nécessaire à l’époque d’appareiller le bas. Vous me direz sans doute que je suis un peu neuneu pour y retourner ; seulement dans mon bled, les orthodontistes ça court pas les rues. Et comme le dit un vieux proverbe anglais, il vaut mieux choisir un mauvais cheval qu’on connaît qu’un mauvais cheval qu’on ne connaît pas. Sont trop sages, ces grands bretons.

Bien que cette gourdasse persiste à me tutoyer alors que j’avais allégrement dépassé la vingtaine, elle me laisse dans sa grande mansuétude le choix entre deux traitements : un qui sera très long, très pénible et très onéreux (qui a pour seul avantage d’éviter les bagues) et un autre moins long, moins pénible mais tout aussi onéreux, avec appareil. D’ailleurs à la vue du devis, j’ai songé un instant vendre un rein sur E-bay pour financer mon ravalement de façade. En plus, ayant largement dépassé l’âge légal pour obtenir des aides, on peut dire avec classe et raffinement que je l’avais bien profond. Mais bref.

 

La deuxième solution me paraissant donc la moins horrible, je me retrouve dans le cabinet de la vilaine Mme P. pour la pause des magnifiques bagues agrémentées d’un non moins seyant arc. On se serait cru dans « Retour vers le futur », un truc de dingue. Tout en essayant de penser à autre chose qu’à l’écarteur qui me bousille la commissure des lèvres, je la vois en train de trifouiller dans son tiroir à supplices ; je me dis que ça va barder pour mon matricule. Et là, en effet, cette folle furieuse me colle une espèce de lime à métaux entre les chicots et elle commence à donner de grands coups d’avant en arrière. Je précise que le bazar est à peu près trois fois plus large que l’espace entre mes dents !!! Franchement, à froid, le moins qu’on puisse dire c’est que ça surprend. J’étais partagée entre l’envie de m’évanouir d’épouvante et celle de dégobiller sur ses groles en guise de représailles. Du coup, ne sachant que choisir, je me contente d’incruster mes ongles dans son fauteuil en attendant que ça passe.

Et bizarrement, le temps s’écoule beaucoup moins vite quand quelqu’un vous triture la bouche avec le tact d’un bulldozer en action… enfin, au bout d’une éternité, la praticienne finit son odieux travail. C’est ainsi que je me retrouve avec un pare-chocs de Mini Cooper incrusté dans la mâchoire inférieure. Dans mon malheur, j’ai eu de la chance : je n’ai pas été baguée jusqu’aux dents du fond. Elle a pourtant bien essayé de m’enfoncer le truc de force avec la délicatesse de l’éléphant en rut, mais comme dit l’autre quand ça veut pas, ça veut pas ; du coup elle a fini par lâcher l’affaire. Thanks, God.

 

Mon supplice va durer six mois, durant lesquels j’ai retrouvé avec délice les joies des diverses nourritures coincées dans le râtelier, des brossages de dents qui durent des plombes, des maux de dents dus à des resserrages vengeurs (représailles à cause des dents du fond récalcitrantes ? Le mystère reste entier), j’en passe et des meilleures.

Eh oui mes chers amis, c’est à ce prix-là que je possède aujourd’hui une dentition qui ferait pâlir d’envie… hum… je ne sais pas… au hasard… Timbaland ?

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses chicots bien rangés !)

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(Source : capture d’écran perso…)