23.05.2007
La Douche (froide)
Une bonne colère vaut mieux qu'une bonne douche. La douche fatigue, la colère apaise...
(Henri Jeanson))
ardi soir, 17h30. Revenant de Sauvageonsland après une journée de dur labeur, je fleure bon la benne à ordures (mais oui, bien sûr que j’exagère pour ajouter au tragique de la situation… tout le monde sait qu’une fille, ça sent jamais mauvais…). Autant dire que une bonne douche permet une certaine détente, mais elle facilite surtout le maintien d'une vie sociale épanouie. C'est pourquoi à peine le goûter terminé (parfaitement, le goûter c'est sacré, même pas honte), je me jette corps et âme dans la salle de bains.
Après une mise en condition sine qua non et un transfert dans le lieu adéquat (traduisez : à poil sous la douche), je commence mine de rien à me récurer, soutenue par mes deux meilleurs amis "Eau-Sans-Calcaire" et "Savon-Vendôme". Trop absorbée par cette tâche hardue, je ne me doute pas un instant qu'un nouvelle catastrophe va fondre sur moi tel l’aigle sur la vieille buse. En effet, je ne percute pas tout de suite qu’à la place de l’habituel jet d’eau pure, coule du pommeau une substance marronnasse non identifiée. Puis quand même, au bout de quelques secondes, je me rends bien compte que quelque chose cloche. Je dois cependant avouer que ma première pensée a été à la fois plus confuse et vulgaire : « mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, putain ?! ».
Quelque peu interloquée par l’incongruité de la situation, je me dis que la couleur doit sûrement venir d’un effet d’optique. Meuh non, j’ai beau ouvrir le rideau en grand, la teinte peu académique de ma flotte subsiste. Je décide donc d’analyser la situation avec calme, en essayant d’émettre des hypothèses quant à la nature du liquide susnommé. C’est ainsi je me retrouve assise dans le plus simple appareil, fixant bêtement avec intensité le robinet en quête d’inspiration. De façon assez spontanée et avec tout le sens de la mesure dont je suis capable, je pense : « et si c’était de l’acide ? ». Afin d’étayer ce postulat, j’ausculte un mollet, histoire de vérifier si l’on ne voit pas mon tibia à travers. Pour le coup, j’aurais eu une vraie bonne raison de ne pas aller bosser le lendemain…
Puis rapidement la Raison reprend le dessus : d’une, comment de l’acide serait-il arrivé jusqu’à ma douche sans faire fondre les tuyaux ; de deux, de mes lointains cours de sciences physiques, je n’ai pas le souvenir que l’acide soit marron. Ce qui est plutôt rassurant dans la conjoncture actuelle.
Cette supposition peu réjouissante écartée, je continue à me creuser la cervelle dans un trip à la Question pour un champion, que même Lepers avec son caniche mort sur la tête et ses fichottes ringardes il peut aller se rhabiller (ce qui est le cas de le dire) : qu’est-ce qui est marron, que l’on peut mélanger à de l’eau et qui énerve les gens sales ? Ne trouvant pas de réponse satisfaisante et comme dans tous les moments de désespoir intense, j’appelle Mère à la rescousse.
« Dis, je sais pas si c’est normal, mais l’eau de ma douche est marron. » (comme s’il y avait une quelconque normalité à ce fait, mais bref…).
L’auteure de mes jours, plus prosaïque que sa descendance, annonce d’un ton docte que la faute est due soit à un cumulus défectueux, soit à des travaux. Afin d’éclaircir la situation – et l’eau par la même occasion –, nous décidons de nous renseigner auprès des autorités compétentes. Après environ deux mille coups de fil dans le vent à l’Hareng SAUR, une morue téléprospectrice daigne enfin décrocher son combiné pour expliquer que c’est la faute aux Pins-Pons. Ces derniers ont fait des manœuvres tout l’après-midi, et la situation devrait revenir à la normale dans quelques heures. Même si je ne saisis pas vraiment le lien pompiers/eau dégueu, je me range à l’avis de la dame et décide de patienter un peu.
Je suis quand même inquiète lorsque m’effleure l’idée que je devrais peut-être me passer de douche, QUELQUES HEURES étant en général synonyme de JAMAIS. Le pire du pire, c’est qu’aucune alternative ne s’offre à moi : n’ayant pas d’eau minérale sous la main, je me vois mal me laver avec de l’Oasis, même peu sucré. Le lendemain, non seulement mes collègues risquent d’avoir les poils de nez qui fondent, mais je redoute également que les Sauvageons me jettent des pierres.
Heureusement, chers lecteurs compatissants, tout rentra effectivement dans l’ordre et je pue…euh pardon "pus" me laver sans avoir d’autre accroc à déplorer.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (au sens propre !)

Savon bien et vous ? (ok, j’arrête les calembours à deux balles)
(Source : ici !)
21:55 Publié dans Des aléas de la branchitude | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : douche, eau, sale, saur, humour




















