28.08.2006

La série culte

Thierry la Fronde est un imbécile

Avec sa fronde en matière plastique

Qu'il a achetée à Prisunic à cent balles

Compagnons, bande de cons !!!

Parodie d’enfants (comme ils sont taquins les chers petits)

 

 

medium_A.2.jpgujourd’hui, je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans de peuvent pas connaître. Une époque sauvage, où Internet n’était même pas accessible au plus grand nombre (mais comment ils faisaient ?). Un âge farouche pendant lequel, dans les provinces les plus reculées, l’eau courante était un luxe et les commodités se résumaient à deux planches moisies surplombant un trou au fond du jardin. Une période reculée qui engendra une révolution vestimentaire, marquant le début de la dégénérescence juvénile : la mini-jupe.

 

Eh oui, bienvenue dans les années soixante !!!

 

Malgré la rudesse des conditions de vie, une merveilleuse nouveauté technologique vint illuminer l’existence des Français. Ce petit objet cubique, qui deviendra quelques années plus tard la meilleure amie des baby-sitters à court d’imagination, révolutionna le quotidien de nos aïeux : LA TELEVISION.

Quels genres de programmes trouvait-on dans la petite lucarne en 1963 ? Des séries pédagogiques, des sagas épiques où se déchaînaient effets spéciaux et cascades prodigieuses, qui marquèrent à jamais les jeunes esprits devant lesquels elles furent exposées.

Parmi ces émissions, Thierry la Fronde. Et parmi ces jeunes esprits, ma mère, qui selon son propre aveu fantasmait sec en mangeant sa soupe de pâtes.

 

Pour son plus grand bonheur, quelques quarante années plus tard un éditeur eut la géniale idée de sortir l’intégrale de Thierry la Fronde en dévédé. Le sus-nommé éditeur, décidément fort éclairé, utilisa une technique commerciale des plus rentables : faire payer les premiers numéros 3 francs 6 sous puis augmenter cette somme de façon exponentielle jusqu’à atteindre un montant exorbitant.

Enfin bref. Cela réjouissait Mère, et Aînée est toujours friande de bides télévisuels. Nous décidâmes donc d’acquérir le numéro deux à un prix encore honnête, et je peux vous dire que ce fut un moment culte de télévision française.

 

Pour les néophytes et avant d’entrer davantage dans les détails, je m’en vais vous exposer brièvement quelques notions de base à propos de cette merveilleuse série.

 

 

Au commencement, Thierry de Janville était un noble qui vécut au XIVème siècle. Mais il s’est fait botter les fesses de son domaine par son intendant, qui en fait était un traître : du coup, vexé, il se casse dans la forêt avec des potes à lui où il monte une armée clandestine. Là bas, il choisit une arme bien ridicule, la fronde (non mais sérieux, pourquoi pas « Thierry le boomerang » tant qu’on y est ?) et un costume coordonné. En attendant d’élaborer un plan machiavélique pour reprendre la place qu’Iznogoud lui a piqué, Thierry se balade un peu partout afin de sauver la veuve et l’orphelin car il s’ennuie ferme dans son bois.

 

 

Voici le héros que vous attendez tous, Thierry la fronde (incarné par Jean-Claude Drouot) :

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N’a-t-il pas une belle tête de vainqueur ? En tout cas, au niveau sourcilier il a un indéniable lien de parenté avec Emmanuel Chain.

 

Grâce à la petite brochure aimablement fournie dans le dévédé, j’ai appris que les producteurs cherchaient pour incarner ce personnage un « jeune premier à tête de loup ». Personnellement, je trouve qu’il se rapproche plus du ravi de la crèche que du Canis lupus, mais chacun voit midi à sa porte. Cependant notre ami JC possédait d’autres arguments qui concoururent sans nul doute au succès des épisodes…

En effet, une exigence terrible vint corser le travail du créateur de la série, Jean-Claude Deray (serait-il le père d’Odile ? Attention, pour comprendre cette vanne, une grosse culture générale est requise). La RTF, qui avait décidé de casser les pieds à tout le monde, stipula dans son cahier des charges une absence totale de sexe. C’est alors que les scénaristes ont craint à juste titre le pire pour l’audimat !!! Ils ont alors décidé de recruter un jouvenceau à la virilité exacerbée, bien mise en valeur sous des prétextes historico-culturels par un collant ultra moulant qui a dû faire rêver plus d’une ménagère. Je vous laisse seuls juges :

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En fin de compte, la ressemblance entre Jean-Claude et les loups ne vient pas du tout de son visage, aimable au demeurant. Les créateurs ont juste visé un peu plus bas.

Par contre ce qui est bien avec le sus-nommé collant, c’est qu’il donne un éclairage nouveau sur les scènes de bataille. On dirait Patrice Dupont chorégraphié par Kamel Ouali.

 

Maintenant que vous êtes familiers avec les concepts les plus généraux, laissez-moi vous présenter quelques-un des personnages secondaires qui peuplent ce merveilleux feuilleton.

 

Comme Thierry est super sympa, il a plein de copains géniaux qui le servent corps et âme. Franchement, vous trouvez ça crédible un seigneur adoré de ses sujets ? Je pense plutôt qu’ils rêvaient de le pendre avec ses tripes, mais bon.

Et n’oublions pas Isabelle, la chère et tendre de notre héros, qui est une roturière notoire. Historiquement parlant, il est tout à fait vraisemblable qu’un jeune noble s’amourache d’une fille de paysans… aussi croyable que Lorie faisant de la musique de qualité…

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Et bien sûr, il y a aussi des méchants très méchants, avec des sourires malsains et des idées horribles.

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D’ailleurs j’en profite pour préciser que le méchant à gauche est M. Deray himself, alors on ne rigole pas et on dit « merci Monsieur de nous avoir offert une série aussi exceptionnelle ». On est pas des ingrats, que diable.

 

Pour terminer ce billet, laissez-moi vous parler d’un passage qui m’a encore plus distrait que les autres ; je le nommerai « Mise en lumière de l’envers du décor ». Attention, y’a de la dénonciation dans l’air.

 

Dans l’épisode n°3 dit « Le sabot d’Isabelle », cette gourdasse trouve le moyen de se faire kidnapper par les méchants Anglais ; mais comme ils sont un peu débiles, ils lui expliquent carrément en détail où se situe son lieu de détention par rapport à la forêt de son cher et tendre. Comme le Vilain in chief lui a expliqué que la rivière au bord de sa gêole mène directement à Thierryland, notre potiche préférée y jette un de ses sabots bourré d’indices, que même le père Fouras il peut aller se rhabiller. Mais son amoureux, lui, comprend tout à fait de quoi il s’agit et il la localise en deux coups de cuillère à pot.

En délivrant sa belle, il doit se défendre contre un soldat qui va lui tirer dessus : grâce à son magic lance-pierre, il lui balance une caillasse dans la tête. Enfin, c’est ce que tout le monde essaye de nous faire croire, mais nous ne sommes pas dupes. En fait et en réalité, cette scène est un bourrage de mou intégral, car on voit très nettement le caillou tomber dans l’eau, à au moins 3 mètres du soldat ! Voici la preuve en images : si toi aussi tu es curieux, clique ici...

Il est vraiment trop fort, Thierry.

 

Pour ceux qui voudraient savoir ce qu’est devenu JC Drouot, il a récemment joué le rôle d’Enguerrand de Marigny dans Les Rois Maudits de Josée Dayan, et voilà ce qu’il est devenu (source : ici) :

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Moi aussi, j’ai eu encore plus peur de vieillir après ça.



Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de son billet enfin pondu !)

10.08.2006

Le Brevet

Une main, même vide, est parfois d'un grand secours.

Jean Ethier-Blais



 

medium_V.jpgouloir passer son brevet de secourisme est un acte humaniste des plus louables, et c’est l’objectif que je me suis fixée il y a une semaine. Le but de la manœuvre est de savoir comment sauver la vie d’une personne qui a perdu une jambe et fait un malaise, tout en étant hémophile et épileptique alors que vous êtes seuls dans la forêt, que votre portable n’a plus de batterie et que vous n’avez à votre disposition qu’une fourchette rouillée. Bref, cet ambitieux programme à ingurgiter en 9 heures top chrono ferait passer Mc Gyver pour « Bricolo et Bricolette font leur cabane ». J’allais être guidée dans cette aventure qui s’annonçait épique par une monitrice en forme de Petite Mamie Mal Commode (P2MC), le cheveu blanc fraîchement permanenté. Cette dernière avait un troublant air de famille avec la vilaine Cruella d’Enfer, et dégageait à peu près autant de sympathie. J’ai découvert par empirisme qu’elle était également à moitié tarée et peu familière des technologies modernes (l’usage du trombinoscope lui était aussi naturel que l’est pour moi celui du nunchaku). Ceci entraîna un dommage collatéral non prévu : les séances de secourisme ont aggravé mon aversion naturelle pourtant déjà marquée pour les personnes ayant dépassé le stade de la vie active.

 

Après ce premier contact un peu rude, j’ai fait la rencontre de mes compagnons d’infortune. Il faut préalablement savoir que dans tout groupe humain normalement constitué, on trouve toujours deux types d’énergumènes plus abominablement exaspérant l’un que l’autre : le pseudo-savant (PS) et le vrai-lourd (VL). Bien que le PS soit censé être là pour apprendre de nouvelles choses passionnantes en compagnie de charmants petits camarades, il connaît déjà tout le programme et serait prêt à toutes les bassesses pour le faire savoir haut et fort. Le seul avantage du PS est que son comportement a réveillé le tyran irascible qui sommeille au fond de la P2MC, qui pour le coup a failli en avaler sa perruque d’énervement. Quant au VL, c’est encore moins reluisant. De nature profondément beauffe, il reste le champion indétrônable de la phrase qui achève. Bien sûr, ayant autant de chance qu’un chat noir passant sous une échelle un vendredi 13, c’est moi qui me le suis farcie en tant que binôme. Et de façon aussi certaine, mon VL n’a pas fait exception à la règle en me gratifiant d’une réplique qui restera dans les anales de la connerie profonde (attention, discours direct approximativement authentique) :

 

Moi, gourdasse style : – Oh là là, c’est pas facile de faire un garrot avec un si grand bout de tissu !

Lui, crétin des bois style : – C’est sûr, ça aurait été plus simple avec un string.

Moi, interloquée style : – (…)

 

Sur le coup, j’ai pensé que mon esprit mal tourné me faisait entendre des trucs pas nets. Mais non… le VL n’a peur de rien, c’est même à ça qu’on le reconnaît ! Alors messieurs, si jamais vous utilisiez cette technique pour draguer, je pense qu’il est inutile d’insister d’avantage : toute fille ayant un minimum de jugeotte vous prendra au mieux pour un looser, au pire pour un pervers.

 

Comme vous avez pu le constater plus haut, la forme est relativement peu reluisante. Mais le fond est tout de même intéressant, et après tout c’est bien le plus important. Vous apprenez des astuces d’un exotisme torride, comme le fait qu’il faille mettre tout membre coupé dans un sac plastique, lui-même placé dans un récipient plein de glaçons (ayant donc toujours sur vous une super grosse glacière, au cas où un de vos potes perde inopinément sa jambe…), ou bien qu’il est inutile de faire un massage cardiaque à une personne décédée – avec explications détaillées sur comment savoir que ladite personne est morte –, ou encore une revue exhaustive de tous les petits symptômes de rien du tout qui cachent en fait des maladies hyper méga graves. Mais je ne vous en dis pas plus, vous n’avez qu’à passer votre brevet, bande de petits curieux.

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses expériences inédites !)

 

 

PS : Au fait, j’oubliais. Le brevet, je l’ai eu. Et pour le même prix je suis repartie avec un super bouquin plein de jolies images qui récapitule tout ce que la malcommode monitrice a tenté péniblement de nous inculquer pendant ces trois jours intensifs. Trop contente, quoi.

 

 

 

 

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Source : c'est ici !

09.08.2006

L'Aventurier

Voyager est un des plus tristes plaisirs de la vie.

Madame de Staël



medium_I.2.jpgmaginez qu’un neuneu mal peigné, habillé d’une chemise rouge, arborant un sourire aussi niais qu’inquiétant et baragouinant un franglicagnol approximatif vous prenne en amitié et finisse par vous implorer à genoux de lui accorder l’hospitalité. Voilà en substance le concept de la sublime émission hebdomadaire de France 5 « J’irais squatter (euh pardon, dormir) chez vous ».

 

A première vue, le concept est honorable. Un reporter chevronné répondant au doux nom d’Antoine de Maximy va s’aérer quinze jours dans un pays exotique où il essaye de s’encanailler avec l’indigène afin de faire découvrir des us et coutumes extravagantes à de grosses feignasses occidentales mollement assises dans leurs canapés. Pour pimenter son séjour et se laisser surprendre par le grand frisson de l’inconnu, Antoine voyage léger : il ne possède pas grand-chose, à part un petit sac à dos dont le monde entier se questionne sur son contenu, et une caméra plantée au bout d’un bras métallique – ce qui le fait ressembler à l’inspecteur Gadget (Go-go-gadgeto-caméra !) –.

 

Les choses se compliquent lorsqu’on s’aperçoit que le soi-disant reporter chevronné n’est en fait qu’un vil pique-assiette, empoté de surcroît. Jeudi dernier, notre Indiana Jones national était en Inde : autant vous dire qu’on ne regretta pas le voyage (ce qui est le cas de le dire), car ce fut un grand moment de télévision française.

 

On se rend rapidement compte que Toinou s’en tamponne le coquillard des marchés artisanaux, s’en bat la couenne des massages locaux, et se soucie des temples indous comme de sa première layette. Une seule et unique question lancinante hante son esprit : « vais-je trouver un pigeon suffisamment charitable pour me laisser, sur un malentendu, pioncer chez lui ? ». En fait, Toitoine c’est un peu le Jean-Claude Duss de l’aventure.

 

Cependant, son émission a tout de même le mérite de nous réconcilier avec la nature humaine, car quelque soit l’endroit du globe visité, il y a toujours une bonne âme pour le prendre en pitié. D’ailleurs, cela fait des décennies que les scientifiques cherchent le dénominateur commun aux hommes des cinq continents. Qu’est-ce qui fait que nous sommes tous frères ? France 5 a résolu ce mystère et je m’en vais vous le révéler en totale exclusivité : c’est Antoine de Maximy.

 

Une fois la proie potentielle repérée, Titoine ne lui lâche plus la grappe ; il ne se décide à lever les voiles que lorsque son hôte, excédé par son sans-gêne, est à deux doigts d’attenter à ses jours. Nonobstant, de quel droit ce touriste d’opérette emmerde-t-il la moitié de la planète ? Peuples du monde, unissez-vous ! Ensemble, vous serez assez forts pour monter une cabale  vengeresse contre l’envahisseur !!! I have a dream, that one day tous les hommes, quelque soit leur couleur de peau et quelque soit leur religion, se donnent fraternellement la main en une grande ronde autour de la demeure d’Antoine, puis à la nuit tombée l’obligeraient à tous les accueillir ! En parlant de ça, il y a eu un passage très marrant où Inspecteur Gadget a cru s’être fait un ami en la personne d’un respectable toubib. L’autre, pas fou, a vite compris qu’il allait se faire sangsuer : il a donc profité d’une visite médicale à domicile pour se carapater par la porte de derrière. Notre ravi de la crèche en était tout dépité ! Dans un moment d’intense désespoir, il a même prononcé cette phrase mémorable : « chuis vert, j’ai perdu mon docteur ! ». Bon, dans un sens, semer un globe-trotter looser quand on a bac+8, ça doit pas être bien sorcier. Et pourtant, Hippocrate n’était pas au bout de ses surprises. En effet – signe de cordiale entente s’il en est – Toinet avait pris en photo son nouveau pote, et pour le retrouver il montra son portrait à tous les badauds qui passaient par là. Evidemment, le médecin était connu comme le loup blanc, et c’est ainsi que notre routard au rabais s’est pointé quelques heures après devant sa maison, toutes dents dehors. Le bonheur pouvait littéralement se lire sur son visage, mais ce sentiment ne semblait que très moyennement partagé par le doc. Bref, le jeudi soir de 20h40 à 21h40 (sur France 5 pour ceux qui ont la TNT) ou le mardi de 14h35 à 15h45 (sur France 5 pour ceux qui ont pas la TNT), si vous avez un peu de cœur et rien de mieux à faire, je ne saurais que trop vous conseiller de regarder « J’irais dormir chez vous ».  Bienvenue dans le monde de Belle Lurette (et de ses découvertes télévisuelles réjouissantes !)

 

 

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 Source : Télé Z du 17/06/06 au 23/06/06