17.03.2007
Le coup de coeur
Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est d'en faire.
(Voltaire)
oupi.
Depuis déjà trois bons mois, nous avons gaillardement entamé une nouvelle année, qui sans nul doute sera pleine de joies, de rires et de petits oiseaux cui-cui. Mon optimisme délirant vient du fait qu’à mon avis, 2007 ne peut pas être plus misérable que sa prédécesseure. Pour fêter dignement cet événement, j’ai décidé d’un commun accord avec moi-même que mon premier vrai billet de l’année ne serait pas, à titre exceptionnel, une honteuse critique d’un pilier fondateur de notre société. Faisons fi de toute cette méchanceté gratuite qui pourrit les saines relations que nous devrions entretenir entre frères humains : je m’abstiendrais donc de caser en loosdé toute remarque acerbe et autre ironie mal placée, dans un élan fraternel envers tous mes semblables (même les plus cons – qui je n’en doute pas soupirent d’aise devant leur écran, à la fois soulagés et reconnaissants d’échapper une fois de plus à ma plume cinglante –).
Mais assez bavassé, entrons dans le vif du sujet. Aujourd’hui, date historique, je vais vous parler de celui que j’aime en tout bien tout honneur depuis deux ans. Ce fait est déjà suffisamment remarquable pour être souligné, car la fidélité qui me lie à ma propre personne me pousse souvent à ne pas l’être avec les autres. L’Heureux Elu porte le charmant nom de Siméo ; mais attention chères amies femmes au foyer de plus ou moins 50 ans, ne vous abusez pas ! Ce n’est point de la marque d’électroménager que je vais vous entretenir ici, mais d’un talentueux auteur-compositeur-interprète-boîte-à-rythmeur-dératiseur (je crains de m’avancer quelque peu la dernière assertion, car je n’en ai jamais eu la preuve tangible).
Ce bon-à-tout lyonnais, non content de bouger son corps sur la scène like a sex machine, est en plus bourré… de talent. Ok, elle était facile celle-là, mais tellement tentante.
J’ai rencontré ce curieux personnage à tête de chignon totalement par hasard, prouvant que ce dernier fait décidément bien les choses. Je me rendais avec une amie à un festival ayant lieu dans une salle villeurbannaise, alléchées que nous étions par les deux têtes d’affiche. Un seul inconnu était à déplorer dans les rangs ; ce dernier ayant la délicate mission d’inaugurer la soirée, nous allions rapidement savoir de quoi il en retournait. Bon, vous vous doutez que l’inconnu en question était l’ami Siméo (si tel n’était pas le cas, il serait de bon ton de relire ce billet, car quelques petites subtilités vous auraient alors échappées). Dès les premières notes, je fus frappée par un coup de foudre unilatéral : cela me marqua si profondément que le lendemain matin même, je me levai tôt (et Dieu seul sait combien cela constitue un effort considérable pour moi) afin d’avoir le temps nécessaire pour acquérir son premier album sans louper le train qui devait me ramener dans ma campagne natale pour le ouique-ainde.
Pour mieux cerner le personnage, permettez-moi de vous faire une rétrospective sommaire mais néanmoins efficace.
Siméo commence sa jeune et prometteuse carrière alors qu’il perd ses derniers boutons d’acné. Il puise son inspiration des méchantes vestes qu’il se prend à répétition, comme le veut la légende on-ne-peut-plus officielle (la preuve ici) ; comme quoi on n’est jamais trahi que par les siens. La majorité civile acquise depuis un an, Siméo sort donc son premier opus « Les idées bleues ». Il est la preuve vivante que la valeur n’attend pas le nombre des années, puisque Philippe Risoli a pondu une grosse daube à l’âge déjà respectable de 48 ans (Elles sont cuitas, les bananas, découpées en dos, les patatos !).
Fort de cette première expérience qui s’avéra être un succès local puis national (la reconnaissance suprême étant atteinte lorsque son album fut e-téléchargeable), Siméo s’attaque à un nouveau petit bijou pour les oreilles qui sortira trois ans après son aîné : il portera le nom évocateur d’ « Envie », et la critique s’accordera unanimement à dire que c’est l’album de la maturité. Nul n’étant parfait, un seul petit bémol est à déplorer : l’absence de chanson cachée, cette petite douceur réservée aux auditeurs les plus curieux…
Mais Siméo est avant tout un homme de scène, et personnellement c’est là que je le préfère. Armé de sa pédale de boucle, il sillonne les routes de France et de Navarre en quête de public à émouvoir, à faire rire, et à énerver par la même occasion en chantant plein de jolies chansons QUI NE FIGURERONT SUR AUCUN ALBUM. Observez avec quelle habileté j’arrive à placer des requêtes personnelles…
Comme tout bon artiste qui se respecte, Siméo a ses petites obsessions et un style bien à lui. Une plume habile orne les mélodies de textes finement ciselés, avec un goût certain pour les formulations imagées et les jeux de mots. Il n’est pas homme à faire rimer pompes et pontes, ah ça non, lui ne mange pas de ce pain-là ! On y parle beaucoup d’amour, sous des formes aussi diverses que variées (vénal, enfui, salvateur, blessé, pesant, international), mais aussi d’un tas d’autres choses qui font que l’homme est l’homme. Une autre spécificité de cet artiste-caméléon est sa voix, dont il joue à la manière d’un énième instrument modulé au gré de ses envies : tour à tour haut perchée, féminine, venue du fond des trippes, caressante ou carrément rauque, il s’amuse avec elle dans des impros ragamuffin ou bien s’en sert de boîte à rythme.
Quant aux musiques, également 100% Siméo made, elles sont inspirées de nombreux courants musicaux éclectiques et mélangent différents instruments. Chaque chanson ne ressembleant ni à la précédente ni à la suivante, les rabat-joie sont obligés de se taper l’album en entier avant de dire qu’ils aiment pas. Trop marrant, quoi.
Enfin bref, le loustic est un perfectionniste pas du genre à se reposer sur ses lauriers. D’ailleurs je vous invite fortement à aller visiter son site officiel www.chezsimeo.com, très régulièrement mis à jour, où vous pourrez trouver de nombreuses vidéos live qui vous permettront de découvrir toute l’ampleur son talent scénique, et pleins de renseignements que j'ai bien sûr omis volontairement (mauvaise foi, quand tu nous tiens).
Je suis sûre qu’après une si brillante analyse, vous ne pourrez qu’avoir Envie de découvrir ce chanteur atypique. Alors parlez-en à vos voisins, harcelez vos collègues de bureau, volez de l’argent à votre mémé – surtout si elle a Alzheimer – pour acheter plein de CD ; enfin je vous fais confiance pour trouver d’autres moyens originaux pour dispenser autour de vous la Bonne Parole.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (qui a sué sang et eau pour enfin écrire ce billet !)
Ma voiture, qui est devenue une véritable publicité ambulante (Les Sauvageons, toujours assoiffés de connaissance : « C’est quiiiiiiiiii Siméooooooo ??? » « Dis-donc petit merdeux, je te demande moi si ta grand-mère fait du vélo ? »). En tout cas, je peux vous affirmer que les couleurs utilisées pour faire les flyers sont d’aussi bonne qualité que la musique de l’artiste qu’elles promeuvent.
16:25 Publié dans De la musique et du bruit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : siméo, artiste, chanteur, envie, les, idées, bleues
08.11.2006
La Dissertation
La chance, c'est la seule explication des succès de ceux qui nous sont antipathiques.
André Roussin
a pédagogie coulant dans mes veines, toute expérience nouvelle est une occasion sans cesse renouvelée d’obtenir une vision plus approfondie du monde qui m’entoure.
Non, je n’ai pas eu de révélation en lisant Hegel, car déjà il aurait fallu que je me plonge dans un de ses ouvrages.
Non, Dieu ne s’est pas adressé à moi lors d’une séance de méditation.
Non, je n’ai pas (encore) trouvé le vaccin contre le Sida.
Non, je n’ai toujours pas compris la théorie des cordes en cosmologie.
MAIS…
J’ai découvert que le groupe Tribal King avait encore sévi.
Et ça, mes amis, si c’est pas une opportunité en or pour mieux comprendre pourquoi le monde va mal, je m’y connais pas.
Je sais, j’aurais pu taper sur plein d’autres groupes, mais là ils poussent carrément mémé dans les orties… non seulement ils nous ont pourri l’été avec un premier « hit » tout crevé, mais en plus ils remettent ça 2 mois après, alors que la plupart des tube-makers ont la décence de s’arrêter après une tentative ! Moi je dis que c’est chercher le bâton pour se faire battre.
Pour ceux qui auraient vécu dans une grotte pendant les 6 derniers mois, je vous fais un rapide topo, histoire de mieux cerner les protagonistes : Tribal King est un vague groupe de musique composé deux mecs : un qui ressemble à Fernandel et un qui ressemble… à rien. Regardez bien, celui à gauche, à chaque fois ça me fait halluciner ! Je suis sûre que c’est le petit-fils caché de Fernandel !!! Tout est dans le froncement de sourcils.
source : ici
Bref, mis à part ce détail physique déconcertant, on reconnaît la patte « Tribal King » à des kilomètres à la ronde, car elle est caractérisée par une distinction et un lyrisme sans pareils.
Mais assez disserté, je vous laisse vous faire votre propre opinion, aidés par un petit commentaire composé patiemment élaboré par mes soins. Mes remarques sont écrites en italique, et les passages commentés sont en gras.
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HEY GIRL (Tribal King)
A l'aise ouais
Quand elle me dévoile tous ses charmes
Balaise ouais
On peut dire que la chanson démarre sur les chapeaux de roue ; même Rimbaud il peut aller se rhabiller. Au delà du vide intersidéral véhiculé par les paroles, on ne peut qu’applaudir la rime double « -aise » / « ouais ». Franchement, du grand art.
Car je suis le seul qu'elle regarde
Là, y’a un peu de laisser-aller (bien compréhensible après l’effort considérable fourni précédemment), parce que « -armes » et « -arde » ne riment que si on est un peu dyslexique des oreilles.
Faut que j'la croque
Ce soir elle est top
C'est le jackpot,
Ce soir si j'la chope
Respect ouais
A celui qu'elle embrassera le premier
Avant, on faisait rêver les petites filles avec des histoires de prince charmant arrivant sur un blanc destrier et bla bla bla… mais maintenant, Cendrillon ne doit plus trop se faire d’illusions, le prince n’a clairement qu’une idée en tête, et c’est pas jouer au Dominos.
Stop ouais
Ce soir elle est pour moi les gars
J’dis stop ouais
C'est mort elle n'a d'yeux que pour moi
Cette fois je dis stop
Je précise que le chanteur prononce « stopeuh ». Je sais pas d’où il sort qu’il y a un « e » à la fin de « stop », mais disons que ça l’arrangeait bien dans le contexte. Chez Casto, y’a tout ce qu’il faut !
Elle c'est ma beauty girl
Personne ne l'approche
Aaaah, ça y est, j’ai compris d’où vient le « e » de « stopeuh » ! En fait, c’était pour faire rimer avec « approcheuh »… c’était pourtant si simple.
Fallait venir de bonne heure...
Eh oui, c’est comme au rayon boucherie de Carrouf, faut se pointer dès l’ouverture, sinon t’es banané et il reste plus que des pieds de porc ou des tripes… amis de la poésie, bonsoir…
REFRAIN :
Hey girl dans tes yeux,
Je sens la chaleur qui s'installe peu à peu,
Laisse moi te dire c'que j'veux
(et c’est vrai qu’il est relativement fréquent que sortent de notre bouche des mots qu’on a pas envie de dire…)
Hey girl regarde un peu,
J'ai l'impression qu'mon coeur s'emballe
De mieux en mieux
Je tiens à revenir sur cette phrase, rédigée dans un français approximatif. « S’emballer de plus en plus », à la limite, je veux bien, mais « s’emballer de mieux en mieux », y’a rien à faire, c’est n’importe quoi… dans un sens, l’utilisation de « mieux » permet de faire rimer avec « peu », et je suis sûre que certaines personnes de mauvaise foi affirmeront qu’il s’agit d’une licence poétique, mais tout ça reste quand même bien capillotracté.
C'est chaud entre nous deux
Hey ho hey ho hey ho
Ce soir je pose mon veto
Sur ce coup-là, j’ai été épatée. Je prenais les Tribal King pour de vulgaires pignoufs, mais en fait pas du tout, ils ont un vocabulaire super classe quand ils veulent ! Je précise à toute fin utile que « veto » n’est pas l’abréviation de « vétérinaire » (bien que l’on puisse en douter, vu que depuis le début de la chanson le mec cherche activement une chatte… *), mais cela signifie que par une action il s’oppose vigoureusement à la décision de quelqu’un d’autre. A quand le passage chez Arlette Chabot ?
* vanne dont tout le mérite revient à Mère.
Hey ho hey ho hey ho
En tête à tête j'suis réglo
Alors là le mec, il explique clairement qu’il a conscience d’être un gros beauf devant ses potes, mais que tout seul il sait à peu près bien se tenir. Ca a un côté presque rassurant.
Sans stress ouais
Je me pose bien à côté de ses belles fesses ouais
Voici une preuve de plus que les Tribal King sont des amis de la culture, puisqu’ils utilisent ici une métonymie (citer une partie pour parler d'un tout, c’est-à-dire un cul pour parler d’une nana). Même si je suis pas sûre qu’ils en soient pleinement conscients.
Mais par contre je m’interroge sur l’exactitude de la phrase « je me pose bien », formulation douteuse à mon sens …
Un atout qu'elle exhibe sans complexes
On y avait déjà eu le droit dans leur précédente et sublimement élégante chanson « Façon sex », mais y’a rien à faire, FESSES et COMPLEXES ça rimait pas, ça rime toujours pas et ça rimera JAMAIS ensemble, faudrait vous mettre ça dans la tête les mecs, vous nous avez fait le coup une fois mais pas deux.
Ca devient hot
Ca tu l'sais mon pote
Elle me provoque
Quand elle met son gloss
Punaise, heureusement que la fille s’est pas gratté les fesses, sinon j’ose même pas imaginer ce que le gars aurait pensé !
Flatté ouais
Je savoure la victoire dans ma tête...
(…)
Stop ouais
Ce soir elle est pour moi les gars
J’dis stop ouais
C'est mortel elle n'a d'yeux que pour moi
Cette fois je dis stop
Elle c'est ma beauty girl
Personne ne l'approche
Fallait venir de bonne heure
REFRAIN
J'veux qu'tu bouges ton body clap clap dance
J’veux qu'nos body body bougent and dance,
J'veux ton beauty body clap clap dance,
J'veux ton beauty body bouge and dance,
Depuis le début de la chanson, c’est la trentième fois que Victor Hugo s’est retourné dans sa tombe. Il faut dire que cet agglomérat de franglouillais est des plus déroutants…
REFRAIN
(Remarquez que plus la chanson avance, moins il y a de paroles entre deux répétitions de refrain… en fait ils étaient à court d’arguments, et du coup il fallait meubler pour pas que la chanson fasse une demi-minute… mais bon, ce refrain est tellement intelligent qu’on ne se lasse pas d’écouter son message philosophique !)
J'veux qu'tu bouges ton body clap clap dance
Faut qu'nos body body bougent and dance,
J'veux ton beauty body clap clap dance,
Faut qu'nos body body bougent and dance…
Bilan des courses : 10 « ouais », 6 hey ho, 8 « clap clap dance » et autres « boug(ent) and dance »… et un bon mal de but en ce qui me concerne.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses amis chanteurs !)17:10 Publié dans De la musique et du bruit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Humour, tribal, king, hey, girl, pas, bien



















