30.04.2008
Le Bêtisier (part. 2)
Ce sont les professeurs qui ont mis le désordre dans le monde.
(Tchouang-Tseu)
’ai trois nouvelles incroyables à vous annoncer. Dans cette optique, je vais tenter d’observer une certaine gradation, voire adopter une présentation offrant des paliers de décompression successifs afin de vous éviter tout pétage de vaisseau cérébral intempestif.
D’une, ces maudites épreuves écrites qui ne m’ont pas du tout bouffé l’essentiel de mon temps depuis septembre sont terminées, la joie incommensurable qui m’habite fait que j’ai encore du mal à réaliser. Je vous avouerais que ce qui m’attriste le plus, c’est de plus à avoir à faire des maths (mouahahahahahah).
Deuxième époustouflante information : pour fêter dignement cet événement, je vous fais part d’un nouveau billet. Je ne suis pas peu fière de vous offrir la collection de grosses boulettes patiemment récoltées tout au long de l’année passée à l’Iouéfème, dans le seul et unique but de vous faire ricaner grassement devant vos écrans. Vous voyez comment je pense à vous, même quand je suis officiellement pas là.
Troisième et dernier renseignement à retenir : au niveau des cours, ça va quand même légèrement être moins chargé, ce qui me laisse du temps pour vaquer à mon activité préférée, boire du rhum plus que de raison écrire des bêtises ici même pour votre plaisir, messeigneurs et gentes dames. Je vous explique même pas comment j’ai un milliard de choses à vous raconter.
Et n’oubliez pas que je vous réserve une surprise de taille d’ici peu.
Mais assez bavassé, place à la nouillerie intégrale !!!! (NB : « E » signifie Eleve lambda [certaines ne vont pas manquer de se reconnaître…], et « BL » signifie moi-même, histoire de signer mes vannes, afin de démontrer une fois de plus combien je suis la gaudriole incarnée.)
BIOLOGIE
Prof : La vache n’a pas les enzymes nécessaires pour digérer la cellulose.
BL : Mais, elle est con !
Prof : Les vers de terre, quand ils traversent une pelouse sous le cagnard, on les retrouve tout secs… c’est d’un pathétique, ce matin !
Prof : Quel est le seul crustacé à être sorti de l’eau ?
E : La crevette ?
E : Nutriments obtenus après digestion : « Heu… pipi, caca… »
SCIENCES PHYSIQUES
Prof : J’appelle ce point A… A.
MATHS
E : Y’en a qui aiment les maths… c’est abusé !
Prof : J’la sens mal, cette phrase.
Sur sa copie, E a écrit : « Je tire avec le compas… »
Commentaire de Prof : « comme à la pétanque ! »
E (à propos d’un théorème) : Mais c’est magique ce truc ! C’est merveilleux !!!
BL : Punaise, j’en peux plus…
E : Moi c’est pareil, chuis en mode veille…
BL : Je suis la seule que ça fait rire quand il dit "l’arête du cube" ?
Le prof se lançant dans un calcul hyper compliqué, arrive tout content à démontrer ce qu’il voulait.
BL : Doum doum doum ! Le compte est bon !
Le prof : On calcule la longueur AB et paf !
E1 : le chien…
E2 : ça a fait des Chocapic !
HISTOIRE
Prof : Si vous échouez, ça serait pas la pire chose qu’il pourrait vous arriver vu les circonstances actuelles…
Prof, à une élève qui lui explique un truc : Je vous arrête tout de suite parce que je m’en fous. En plus, je comprends rien. En fait, je comprends rien parce que je m’en fous.
Prof, à une élève qui veut étaler sa science : A quoi ça va vous servir ? C’est comme dans les anniversaires, y’a toujours le vieux tonton aviné qui vous lance : « eh, toi qui prépare le concours, 1515 c’est quoi ???? Moi, j’pose toujours 1664… Kronenbourg !!! »
Prof : en plus ça va intéresser les élèves parce qu’il y a des cadavres.
Prof : Jean Sans Terre…
E : qui en voulait…
Prof : c’est dans ce contexte qu’est arrivé Hugues Capet.
E : Et il a dit : j’me casse, c’est trop le bordel ! Je ferais pas les Capétiens !!!
Prof (après un grosse vanne balancée sur les footeux alors que lui-même est un fervent défenseur du rugby) : Je disais juste ça pour entretenir quelques inimitiés.
Prof (après le succès de Bienvenue chez les Ch’tits) : Après la route des vins… la route des Ch’tis !
Prof : Et Jacques Cartier découvrit la baie Saint Laurent… et c’est pourquoi nous avons le triste privilège d’écouter Céline Dion.
MUSIQUE
Exercice de mise en situation pour nous faire travailler la respiration : Je suis venu en voiture ce matin… on a crevé mes quatre pneus… et en plus, je respire !!!
Prof nous explique comment placer la langue : Le jambon, on le laisse en bas.
Prof : Quelqu’un qui chante faux, c’est comme un unijambiste à qui on demande de jouer à la marelle.
Prof : Ahhhh le requiem de Verdi ! Ca pète de tous les côtés ! On a presque envie de mourir.
(à propos d’élèves qui vont suivre une module avec Prof) E1 : Donnez-leur des mauvais conseils !
E2 : Oui, dites-leur qu’il faut crier très très fort, c’est bon pour la voix !
FRANCAIS
Prof : 80 à 80% des graphèmes….
E : M’dame, y’a un « h » à étymologie ?
Prof : Ben, ça fait riche, mais non…
Prof : Si, au concours, on vous demande des objectifs pédagogiques, qu’est-ce que vous faites ? Répondez par des verbes !
BL : Je pleure…
Prof, lyrique : C’est une adaptation cinématographique du Horlà où un homme a des messages des extra-terrestres…
E : Ah, la soupe aux choux ?
Prof : Apprendre des clichés… pour devenir non pas blanc comme neige mais bête comme chou !
Prof : Si vous avez envie d’aller en ZEP…
BL : Pour mater du Sauvageon…
Prof : Petit proverbe chinois : quand tu fais la vaisselle, fais-la bien. (c’est vraiment chinois ça ?)
PEDA
Prof : … et c’est magnifique !
E : Il est 10 heures moins cinq et ça aussi c’est magnifique !
DIVERS
E : La montagne, ça me gagne !
E : Mais sors pas ton p et ton q ! (en parlant d’inconnues à ne pas factoriser, bien sûr)
En stage en Grand Section : « quand je monte en haut, j’ai mal au dos. Quand je monte pointu… » (je n’ai rien vu, voyons ! J’ai cru ne jamais pouvoir m’arrêter de ricaner en imaginant une autre suite)
En stage en Cycle 3 (alors qu’on regardait le site de l’école) :
Prof : Alors là je me souviens, on avait trouvé un écureuil mort, on l’avait rapporté en classe et on en a fait un article.
BL : C’est quand même une drôle d’idée qu’elle a eu la gamine !
Prof : Heu… c’est ma fille…
*fin boulette numéro 1*
Lecture d’un commentaire du fameux article : « je trouve que cette article était interressant et que l’écureil était en mauvais etat de la tête. » (J’ai failli crever de rire)
E : Mais si, t’es au point !
BL : Au point mort oui…
E : La reproduction sexuée, comment ça se passe ?
BL : Ben, ça se passe plutôt mal…
21:50 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : iouéfème, bêtise, élève, prof, boulette, fou-rire
30.08.2007
La Mouvance
Les déménagements sont les mouvances de l'existence. Ça bouleverse, ça empêche l'habitude...
(Louise Portal)
epuis quelques jours, j’ai la désagréable sensation de vivre dans quelque chose qui pourrait ressembler au souk de Marrakech. En effet, dans mon espace vital restreint sont amoncelés nombre d’objets d’un exotisme torride : une poêle à frire côtoie de façon inopinée des ciseaux à ongles, eux-mêmes placés de façon très logique près d’une poubelle blindée d’ustensiles aussi divers qu’hétéroclites.
Mais quelle est la raison de ce capharnaüm ? pensez-vous, bande de petits curieux. Belle Lurette serait-elle à ce point écœurée de la civilisation et surtout des hommes qui la composent pour décider de revendre ses maigres biens, pourtant si durement acquis à la force des poignets, sans aucune autre forme de procès ? Aurait-elle enfin décidé d’investir les quelques deniers ainsi récoltés dans l’achat d’un aller simple pour Lhassa, où elle pourrait vivre libérée des diktats de la vie moderne et mener à l’image de Siddhârta une existence faite de méditation et d’errance, qui lui permettrait de dire merde à son ego une bonne fois pour toutes ???
Eh ben non, même pas.
Poussée par mon goût inné du risque, je me prépare à découvrir une nouvelle contrée sauvage et inhospitalière. A celui qui pense que les études ne servent à rien, elles auront au moins eu pour moi l’avantage de me promener aux quatre coins de Rhône-Alpes : on a l’âme d’un bandit de grand chemin ou pas. Après avoir passé trois ans à Lyon (regrets éternels), effectué un passage-éclair à Biiip – la ville la plus épouvantable de France –, être retournée une année et demi chez ceux qui ont eu l’incommensurable bonheur de me donner le jour et avoir bossé dans un département limitrophe, j’ai été catapultée décidé de mon plein gré de m’établir dans une nouvelle cité pleine de promesses, que rien que son nom ça fait envie. Pour résumer, c’est the place where nothing can go wrong (comprenne qui pourra). En plus, je t’ai déniché un appartement du feu de Dieu, même s’il me coûte un rein par mois. Mais bon, ne nous arrêtons pas à ces considérations bassement radinesques.
Forcément, qui dit « déménagement » dit « cartons », « tri », « prise de tête », et tout un tas d’autres activités largement aussi réjouissantes.
Par exemple, on se retrouve toujours avec un accessoire indispensable qui manque à l’appel. En voici la preuve par trois : j’ai décidé cette année pour éviter une mutation génétique imminente de me passer de micro-ondes. Comme je suis amatrice de thé, j’ai souhaité investir dans une bouilloire sifflante, parce que ça tape quand même bien la classe. Ayant de la suite dans les idées, j’ai tout de même couru une journée entière avant de me résigner à rentrer brecouille. Le pire de tout, c’est quand je suis arrivée chez moi, l’œil hagard, le cheveu en berne, la mine dépitée et le pied fumant. Mère me dit le plus calmement du monde… qu’elle en a vu chez « Machin, des idées de génie ». ALORS QUE J’EN VENAIS, nom d’une pipe en bois ! Je vous jure qu’à cet instant précis, j’étais au bord du gaz.
Autre fait que je trouve particulièrement traumatisant : la mise en cartons. Avez-vous remarqué qu’on trouve JAMAIS de carton à la taille souhaitée ? Ou serais-je victime d’une odieuse machination perpétrée par le gouvernement, dans le but de tuer dans l’œuf ma fibre éducatrice afin d’effectuer de substantielles économies ? Je ne sais. Toujours est-il que j’ai des problèmes d’emballage. Ayant ouï dire que je pourrais trouver quelques-uns des réceptacles tant convoités dans la cave, je m’y dirige d’un pas décidé pour trouver mon bonheur. Et là, vous me croyez si vous le voulez, mais il y avait du caca d’oiseau DANS un des cartons. Mais comment ce maudit volatile a-t-il pu se laisser aller à l’intérieur du truc ? A la grosse limite, pourquoi pas à l’extérieur… ça m’aurait semblé étrange, car les piafs ne courent pas les caves d’accoutumée ; cependant cela aurait été un poil plus plausible.
Donc malgré l’adversité, nous voici à J-2 et tout est sensiblement prêt. Je me dis que par la force des choses, j’approche du but ultime comme cela fait des lustres que je classe plus que de raison. D’ailleurs s’il me restait le moindre tri à effectuer, je pense que je me ferais péter un boyau de la tête.
Je vous fais un dernier bécot ardéchois avant de m’envoler en voiture vers le pays où la vie est pas pareille. Je vous réserve d’ici peu une petite surprise musicale qui ne manquera pas de ravir vos oreilles de mélomanes avertis.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses cartons !)

21:54 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : déménager, problème, carton, humour, bazar
21.04.2007
La Piscine
J’peux pas, j’ai piscine !
(Excuse populaire bidon))
ans ma longue et douloureuse ascension vers le succès, j’ai dû faire nombre de sacrifices plus pénibles les uns que les autres. Mais le paroxysme a été atteint il y a peu, alors que je pensais enfin toucher du doigt le Saint Graal : l’iouèfème de Lyon me tendait presque les bras. En effet, malgré une honorable réussite écrite, il me manquait une pièce-maîtresse afin de compléter mon dossier et en finir une fois pour toutes : une attestation stipulant avoir réussi à nager 50 mètres de mon plein gré, sans événement extérieur influent (présence de requins, chute d’un bateau…).
Cependant, je dois pour cela faire face à certains obstacles assez embarrassants, étant à peine une barboteuse du dimanche. Pour être totalement franche, je ne vous cacherais ni mon flip total de ne pas avoir pied, ni mon aversion pour les piscines municipales, ces grandes réserves à urine, microbes et autres mycoses. Afin de me supporter moralement (et pourquoi pas physiquement aussi, on est jamais assez prudents), je demande d’une voix mouillée le soutien de Meilleure Amie, nageuse hors pair. Etant ce qu’elle est – ma meilleure amie – elle accepte bien volontiers, peut-être poussée par la crainte d’avoir ma mort sur la conscience.
Arrivées sur les lieux du crime, je dois affronter une première étape particulièrement traumatisante : traverser un lieu public à moitié nue. Ce n’est pas que je sois particulièrement pudibonde, bien au contraire, mais quant à me balader en petite tenue autour de parfaits étrangers, y’a quand même de la marge. Ma démarche est aussi coulée que celle de Robocop, vu que je dois à la fois cacher mon malaise et veiller à ce que ma serviette de bain ne se fasse pas la malle.
Après avoir été entrainée (de force) par une Meilleure Amie remontée comme un coucou suisse, je me retrouve confrontée au moment fatidique de l’examen que je tente mine de rien de reculer le plus possible. La petite félonne, pas dupe, coupe court en hélant un maître-nageur qui arbore un magnifique slip rouge. Il est aussi aimable qu’une porte de prison, mais à vrai dire je n’en suis pas étonnée outre mesure car les gens de cette profession ne sont que rarement cordiaux. Slip Rouge se met en position (bras croisés et jambes écartées, signe d’intense observation), je ne peux plus y couper.
En bonne poissarde que je suis, à l’instant-même où j’allais m’élancer vers la noyade victoire, voilà t’y pas que mon regard médusé croise… celui d’un Sauvageon. Ce dernier, ne pouvant contenir sa joie, hurle à qui veut l’entendre : « OH NOOOON, LA HOOONTE !!! ». Tâchant tant bien que mal de sauver le peu de dignité qu’il me reste, je ne me démonte pas et lui réponds : « Moi aussi Machin, je suis très heureuse de te voir ! Allez, pousse-toi ! ».
Et me voilà partie pour 50 mètres de grande solitude, malgré l’œil protecteur de Meilleure Amie. Mine de rien, 50 mètres c’est long ; du coup j’ai eu le temps de cogiter un maximum. « Qu’est-ce que je fous là ? Pourquoi faut-il que je me fourre toujours dans des situations pas possibles ? Ca sert à quoi de savoir nager, alors qu’on a inventé le canoë depuis la nuit des temps ? Et si je faisais semblant d’avoir une crampe ? La prochaine fois, je me débrouillerai pour avoir un ami haut placé qui me fournira le truc en loosdé… ».
A mi-chemin, je commence à m’inquiéter légèrement pour l’état dans lequel je serais à la fin du parcours : les bras commencent déjà à me cuire, et ma belle respiration régulière s’est transformée depuis un bail en un halètement furieux et désordonné. Au moment de repartir pour la seconde et dernière longueur, je tente une feinte afin de reprendre mon souffle, en mettant à peu près un demi-siècle pour me retourner. Slip Rouge a l’air de n’y voir que du feu. Comme j’ai un sérieux coup de mou sur le retour, j’essaye de me raisonner en me disant que ça serait con de craquer à deux doigts du bol de sangria. Et c’est là qu’est survenu le drame.
Arrivée au ¾ de mon calvaire, la situation se corse un peu plus : une saloperie de gamin saute dans la piscine pile au moment où je passe à sa hauteur, provoquant un monstrueux ras-de-marrée sur son passage. Le môme s’est élancé d’au moins deux mètres, ce qui fait que j’ai bien eu le temps de voir la catastrophe arriver. Inutile de préciser que j’ai bu la tasse, ou à ce stade là je dirais plutôt le bol, et je termine en toussant comme une tuberculeuse. Je prie Ste Rita (patronne des causes désespérées) de toutes mes forces pour qu’elle me tire vivante de ce mauvais pas. Ma brasse ressemble de plus en plus à des convulsions bizarroïdes. Enfin, après un temps qui me paraît interminable, j’atteints le bord opposé : comme quoi y’a quand même une justice sur Terre. Slip Rouge reste stoïque, mais je sens bien qu’au fond de lui il est mort de rire.
Au bord de la crise d’apoplexie, les muscles tétanisés par l’effort, je m’extirpe tant bien que mal – et plutôt mal d’ailleurs – de cet horrible bassin. Et là Slip Rouge commence à me poser 3 milliards de questions, ayant eu la mauvaise idée de lui dire que je n’étais pas très à l’aise dans l’eau (ce qui est un euphémisme). Erreur de débutant, me direz-vous : ne jamais avouer ses faiblesses ! J’en ai tellement marre je me lâche, malgré mon souffle aléatoire dû à une endurance à toute épreuve : « Ecoutez, on me demande un 50 mètres, je suis bête et disciplinée, je fais un 50 mètres, point barre ! », ce qui sous-entend « Ecoute Tête de nœud, on te demande juste de signer en bas du papelard, le reste on s’en tape comme de l’an 40 ! ». Il finit quand même par me donner le précieux document, de mauvaise grâce.
J'ai oublié de préciser qu'après ma non-performance, lors d'une douche bien méritée, je me rends compte que mon coude gauche est douloureux. Après une rapide inspection visuelle, il est même carrément en sang ! En fait, en me désappant (soit bien une bonne heure avant le rendage de compte), je me suis littéralement empalé ledit coude sur ma bague médiévale ; mais j'étais tellement obnubilée par une mort certaine que je ne me suis même pas aperçue que j'avais mal. Et après ça, on me dira que l'esprit n'est pas tout puissant...
Malgré la satisfaction du devoir accompli (encore une victoire de Canard), nous pouvons déplorer deux crèves, Meilleure Amie m’ayant fidèlement soutenu dans toutes les étapes…
(Source : ici !)
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses défis téméraires !)
22:45 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : piscine, 50 mètres, nage, humour, maitre-nageur
16.12.2006
Les Sauvageons
(Proverbe)
oilà maintenant trois mois que j’ai intégré – non sans une certaine fierté – le corps tant envié des membres de l’Education Nationale (non titulaires, dépendant d’un contrat de droit public, de 3 ans maximum renouvelable deux fois ect ect ect… pour d’autres détails pénibles, me contacter).
Fait incroyable, tous les élèves (qui m'ont été imprudemment confiés par des parents aussi ignorants de mon inexpérience que de mes pulsions destructrices) sont à l’heure où je vous parle encore vivants. Bon, certains sont un peu éclopés, mais on peut pas tout maîtriser dans la vie. Vivants, c’est déjà pas mal non ?
Deuxième chose étonnante, ces trois mois n’ont pas altéré mon désir de travailler avec l’avenir de notre planète, même si certains jours on aurait envie de les calmer à grands coups de flashball.
En tout cas, je peux affirmer qu’on s’ennuie jamais. Il m’est même arrivé nombre d’histoires cocasses (enfin, après-coup, parce que dans le feu de l’action on a parfois plus envie de rire jaune) que je vais partager de ce pas avec toi, lecteur avide de nouveauté. Au cas où tu douterais de mon intégrité, toutes les anecdotes sont purement réelles et non romancées, non mais.
Voici donc ce qui arrive quand on a décidé de travailler avec des Sauvageons :
- On bataille pour sortir d’étude un labrador obèse amoureux de soi. La pauvre bête errait dehors depuis un moment, et ces idiots de 3ème l’ont fait rentrer dans les bâtiments en rentrant de sport. Nan mais je vous jure on a pas des métiers faciles.
- On se dit qu’on aurait mieux fait d’écouter en cours quand un gamin vient nous demander de l’aide et que l’énoncé de son exercice semble tellement obscur qu’on se demande s’il est bien formulé en français.
- On se retrouve coincée dehors un mercredi après-midi pendant les colles, sans clefs ni manteau ni portable, parce qu’on aidait une mère à trouver son môme qui s’était fait la malle. On est donc obligée de toquer à la vitre pour demander à la dernière gamine collée de venir nous ouvrir. Trop la loose, quoi. Je vous raconte pas comment j’ai pris sur moi, et encore heureux que la salle soit au rez-de-chaussée.
- On se rend compte que toute journée qui commence ne ressemblera à aucune autre, les Sauvageons ayant vraiment beaucoup d’imagination pour inventer de nouveaux jeux débiles qui finiront forcément mal (on se tape sur les doigts hyper fort… on joue avec les portes coupe-feu… on joue au foot avec la pompe d’une copine… on se met en cercle assis et on se fout des coups de pieds… on tape dans le dos d’une personne, et on la tarte quand elle se retourne… j’en passe et des meilleures…). Je leur ai vertement conseillé un jour de mettre autant d’ardeur au travail. Mais las, ils persistent à faire fi de mes pourtant sages conseils.
- On se retrouve à sanctionner des trucs qui nous font marrer en douce : un jour, on surprend un groupe de sauvageons en pleine course à cloche pied dans un couloir, pour le fun.
- On peut lire parfois dans les carnets de liaison des sanctions sobres mais néanmoins poilantes : « Mange du papier ».
- On apprend l’humilité quand une des membres de votre club vous explique poliment que ce que vous faites est nul et qu’il va falloir penser à redresser la barre.
- On a quotidiennement une très forte envie de claquer le beignet de certains élèves. Mais on peut pas. Je vous jure, j’ai même relu le règlement intérieur plusieurs fois pour en être sûre.
- On a parfois l’impression d’avoir autant de charisme que du mou de veau. « Machin, arrête de jouer avec ces stores. Machin, tu vas arrêter avec ces stores !!! EEEEEEEHHHHH, MACHIN, JE PARLE FRANÇAIS OU QUOI ? »
- On est tellement claquée qu’on finit par choper un rythme de vie qui ferait passer ma grand-mère pour une night clubbeuse en furie.
- On entend son prénom 3000 fois par jour, parce qu’un ado a toujours des tonnes de problèmes insolubles. Mais ça passe, tant ils m’appellent pas « Elodie », « Aurélie » ou « Amélie ». Dire que j’avais pris la peine de me présenter en début d’année et que ça fait trois mois qu’ils m’ont sur le dos ; ça me mine.
- On devient plus à cheval sur les bonnes manières que Nadine de Rothschild. Leçon numéro 1 : j’apprends à dire « Bonjour » le matin. Leçon numéro deux : j’apprends à dire « s’il te plaît » quand je formule une requête. Leçon numéro trois (pour les plus doués) : j’apprends à dire « merci » après avoir été aidé.
- On est en photo sur le calendrier du collège, et on a son nom sur le site internet. Si c’est pas de la reconnaissance sociale, je m’y connais pas.
- On apprend à relier des dossiers, en glissant la baguette dans la machine et tout. C'est le délire.
- On doit se retenir de dire des gros mots devant les gamins – exemplarité oblige –, ce qui constitue un challenge non négligeable de tous les instants.
- On a des semaines de 40h. Donc le premier qui dit que les personnels Ed’ nat’ sont des planqués, je lui agrafe les dents sur la table.
- On mange carrément bien à la cantoche, ce qui est rare. D’ailleurs à ce sujet, un troupeau de gamins énervés par la faim, c’est carrément flippant. On se croirait chez Vuitton le premier jour des soldes, un truc de ouf.
- On a un sentiment de joie totalement indéfinissable quand on explique quelque chose à un môme ou qu’on lui donne un conseil et que ses yeux s’éclairent parce qu’il a compris. C’est trop trippant.
- En récréation, devant un agglomérat de gosses ravis d’assister à la scène, on se fait postillonner dessus par un parent d’élève passablement vénère car son rejeton vient de se prendre une heure de colle. Alors que naturellement il n’avait rien fait, et que naturellement on est une grosse sadique qui s’acharne sur la chair de sa chair.
- Et finalement et malgré tout, on se surprend à s’attacher à cette belle bande de bras cassés.
Bref dans un lieu empli de Sauvageons, il y a des larmes, des pogos, des rires, des chagrins d’amour, des crises en tous genres, des casiers coincés, des règlements de compte, des insultes, des petits mots doux, des blessés plus ou moins graves, des tensions, des jolis dessins et des poèmes offerts, des surnoms débiles, et plein d’autres choses insoupçonnées encore. Il y a de la vie… et donc de l’espoir.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de son optimisme débordant !)
(Source : ici !)
21:40 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sauvageons, surveillance, humour, collège, éducation, nationale
09.08.2006
Le concours
Paul Claudel
e concours, aussi appelé « chemin de croix », est un processus évolutif qui déconfite progressivement celui qui s’est lancé dans cette improbable aventure.
Un concours n’est pas qu’un court moment difficile à passer. Aussi incroyable que cela puisse paraître aux non-initiés, tout un travail en amont est absolument indispensable afin d’arriver dans des conditions optimales à l’épreuve tant redoutée. Durant les quelques mois qui sont généreusement accordés au prétendant fonctionnaire pour mener à bien sa quête, ce dernier mettra tout en oeuvre pour dénicher, lire, résumer et surtout comprendre un maximum de notions éducatives plus obscures les unes que les autres, et ingurgitera à s’en faire péter le bide des textes législatifs qui feraient passer Goethe pour du Oui-Oui à la mer ; ceci dans l’optique de masquer le plus habillement possible son inexpérience en la matière. Les hypothétiques titulaires ayant le plus l’amour du risque se contenteront de renifler l’air du temps et bouquineront deux/trois ouvrages tendances pour se donner bonne conscience : c’est une combine qui a également fait ses preuves.
Pendant la première station de son calvaire, le candidat est caractérisé par des dents qui rayent le plancher et une foi digne de Bernadette Soubirous. Conscient d’être porteur d’une mission divine auprès de jeunes sauvageons, il caressera le fol mais néanmoins bien vivant espoir d’obtenir le diplôme convoité. Consécration réservée aux élites émulées par l’esprit de compétition, la réussite au concours fait basculer le postulant dans l’univers des Elus, ceux qui ont triomphé des embûches que l’Education Nationale a mises sur leur route avec un plaisir non dissimulé.
Durant la halte suivante sur ce long chemin vers la gloire, les objectifs sont légèrement revus à la baisse. Mi figue-mimolette, le candidat verra sa confiance en lui ébranlée par la quantité de ses lacunes, des notes aux épreuves blanches quelque peu pas terribles et le nombre dérisoire de postes octroyés par le Gouvernement. C’est ce que le commun des mortels appelle « être confronté à la dure réalité ». Les professeurs mettront d’ailleurs tout leur zèle à bien faire comprendre aux aspirants certifiés que de toute façon, ils ne pourront pas changer grand-chose à la situation actuelle, et qu’il ne faut pas confondre leur métier avec celui de Superman. Ceci aidant à relativiser sur la médiocrité du travail fourni sur le terrain par les professionnels, observés lors de stages pas toujours concluants.
Lors de l’avant-dernière halte de son parcours initiatique, le candidat raisonnable aura adopté la « on verra bien » attitude : rien ne sert de flipper, il faut agir à point. Malgré une décontraction durement acquise, les emm… euh les contrariétés sont encore légion et guettent d’un œil chafouin le moindre flanchage d’entrain. Afin d’effectuer une présélection sur les nerfs des candidats, ceux-ci se retrouvent convoqués à Perpette-les-Oies, charmante petite bourgade desservie par un bus et demi se situant à 20 km de Biiip, ayant pour unique attrait un établissement d’enseignement secondaire dans lequel les aspirants éducateurs nationaux auront le plaisir de se cailler les meules pendant quatre heures, réduction budgétaire ministérielle oblige. C’est ainsi que Biiip aura perdu sa seule qualité : la relative importance que lui conférait son statut de ville phare dans l’académie n’empêchera même pas ses habitants de courir par monts et par vaux. Les épreuves écrites étant au nombre de deux, les candidats auront la chance incroyable de devoir se déplacer autant de fois au Trou du cul du monde, armés d’un plan (un itinéraire n’étant pas prévu par les convoqueurs, sans doute pour les mêmes raisons que pour l’absence de chauffage… à moins que cela ne soit une autre technique d’écrémage !). Les compétiteurs les plus malchanceux se verront annoncer en cours de première épreuve que suite à un cafouillage monstre (ce qui signifie : « on a confié les enveloppes à un débile profond, qui ne sachant lire que depuis quelques jours, s’est emmêlé les pinceaux lors de l’ouverture des sujets »…), l’épreuve du lendemain est reportée à dans un mois. Et hop, un évincement insidieux de plus.
L’apogée de ces tribulations consiste en une attente interminable des résultats. Certes, cela n'a pas été drôle, mais ça l'a été encore moins de les avoir.
Bienvenue dans le monde de Belle Lurette (et de ses échecs cuisants !)…
(Source : c’est ici !)
13:20 Publié dans De l'éducation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : concours, éducation, humour, CPE




















