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01.07.2008

La Chance - Part.2

Me voilà donc avec mon billet flambant neuf, bien contente d’être heureuse. Remarquerez avec quel naturel désarmant je reprends le fil de mon propos.

Tout en récupérant mes fripes fleurant bon la lessive bon marché, je songe avec délice à toutes les folies financières que je vais pouvoir me permettre grâce à cette manne céleste providentielle.

Je fantasme tout aussi fort sur le chemin du retour qui me mène à ma splendide demeure. Deux heures de temps s’écoulent avant que je ne dégringole de mon petit nuage, lorsque je m’attaque vigoureusement au nettoyage de mon bureau. Une pièce de 50 centimes y traîne de façon totalement inopinée ; je trouve alors de bon aloi de la ranger avec ses petits camarades dans mon magnifique portefeuille de luxe, pour lequel j’ai dû hypothéquer un membre de ma famille l’année dernière. Léger problème : je ne parviens pas à mettre la main sur l’objet convoité. Etrange. Après un retournage d’appartement en bonne et due forme, je comprends avec horreur… que tout à ma joie, j’ai laissé mon sac de cours à la laverie. Sac contenant en plus de tous mes papiers d’identité, un bouquin à rendre à l’Iouéfème, une bonne partie de mes révisions, plus d’autres trucs qu’il serait indécent de lister ici. Le problème d'avoir un portefeuille 2000 en un, c'est quand on le perd on se retrouve vraiment à poil. Je ne peux tout d’abord m’empêcher de penser perfidement à mon argent si bêtement envolé, mais surtout le souvenir de ma carte d’identité me hante… on est à J – une semaine du concours, et je me vois déjà recalée pour vice de forme, à la rue et sans amis. Je suis à deux doigts de précipiter par la fenêtre ma cervelle de moineau et ce qui me sert d'enveloppe corporelle (et je suis à peu près sûre de ne pas me rater car j’habite dans la plus haute chambre de la plus haute tour).

En totale panique, je me rue à la laverie… ou bien sûr mon sac n’y est plus. Plus tremblante qu’un parkinsonien, je m’apprête à composer le numéro d’urgence de la laverie (j’avais eu la présence d’esprit de laisser mon natel chez moi), quand je tombe sur sur une petite affichette :

« La personne ayant oublié son sac est priée de se présenter à la police municipale ».

A cet instant, j’ai bien cru que mon palpitant allait quitter son receptacle original. Je fonce alors à l’endroit indiqué (oui, j’ai beaucoup couru ce jour-là : ça rattrape tous les autres jours de glande). J’explique à la madame de l’accueil la raison de ma visite, quand j’aperçois dans un coin l’objet de toutes les convoitises. Elle me dit avec désinvolture : « C’est CA ??? ». J’opine du chef, l’œil mouillé. La dame me le refourgue alors dans les bras, sans chercher cinq minutes à vérifier la véracité de mes propos. Au comble de la montée d’adrénaline, je ne cesse de remercier chaleureusement ma salvatrice qui ne me répond que par des borborygmes, l’ingrate. En fait, elle voulait juste avoir la paix pour finir tranquillement sa grille de sudoku.

J’attrape prestement mon Lancaster : tous mes papiers sont miraculeusement en place (et les 10€ aussi). Je vous raconte pas comment j’avais envie de hurler ma joie au monde, de faire des claquettes sur les passages cloutés, d’embrasser tous les passants, voire d’aider les petits vieux à traverser la rue (euh, non, faut pas abuser non plus).

 

Sinon dans la série « mon bol est légendaire », j’ai récemment prêté une paire de ciseaux au réparateur de la machine à friandises de l’Iouéfème ; pour me remercier, il m’a filé un paquet de M&M’s. Et j’ai même pas eu besoin de faire la greluche. Elle est pas belle la vie ?

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette (et de ses nombreux anges gardiens super efficaces !)

 

 

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Source : ici !

PS : promis, dans mon prochain billet (pas de banque, hein) je rétablis la vérité quant à la firme Pilot.

Commentaires

Encore une grosse marrade en lisant ton billet ;) !
Je confirme pour le paquet de M&M's, j'ai été témoin de cette scène de chance insolente ! Même que j'ai failli lui prêter mon ciseau et que je suis sure qu'à moi, il ne m'aurait pas donné de paquet de petites choses qui fondent dans la bouche, pas dans la main ! C'est trop inzuste ! lol
En même temps, c'était peut-être aussi un moyen sournois de nous faire taire. Il en avait peut-être marre de nous entendre parler anglais pendant qu'il réparait ! Ah, le vicieux ! lol
Bon glandage bien mérité en tous cas... en attendant la sentence... (gloups).
Plein de bisous.

Ecrit par : Calie de l'iouèfème | 01.07.2008

Alala toujours autant de ricanage à la lecture de ta plume!
J'avais presque oublié le coup du paquet de m&m's! Ca clouait juste le tout!!
Vivement que tu fasses le billet dont tu m'avais parlé.. souvenirs souvenirs...!
Bisous ma louloute!

Ecrit par : La Walkeuse | 01.07.2008

C'est vrai que tu es très forte pour retrouver les pièces de monnaie qui sont au sol... souviens-toi " Et on appele Saint-Michel... Oh! 10 centimes!!!" lol

Ecrit par : romain | 19.07.2008

@ Romain : oh là là, on commence à sortir les vieux dossiers ! C'est vrai que pour le fric je suis un vrai cochon truffier...

Même si les 9/10ème des gens n'auront pas saisi toute la drôlerie de cette anecdote (j'étais jeune et bête, M. le Juge), tu es prié de ne pas briser l'aura de perfection que j'ai eu tant de mal à construire auprès de mes lecteurs... mais comment t'en vouloir ;)

Ecrit par : Belle Lurette | 21.07.2008

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