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16.02.2008

Les propriétaires - Part.1

Tu vois ce qu'il y a de pire, c'est de rester silencieux quand les vieux disent des sottises...

(August Strindberg)





447424881.jpghers lecteurs,




Non, je ne suis pas morte, juste un petit peu décédée sur les bords. En fait, depuis que j’ai décidé de me livrer corps et âme à l’Ed’ Nat’, mon temps de glande s’est trouvé considérablement raccourci ; sauf le soir après 20 heures où je ne manque pas de m’épancher auprès des divers contacts qui peuplent mon natel, avec une prédilection particulière pour Mère qui sait mieux que personne prêter une oreille attentive à mes plaintes désespérées et autres craquages de nerfs réguliers. Mais bref.



Aujourd’hui, je vais tenter de vous offrir un récit d’une drôlerie jubilatoire, afin de me faire pardonner cet abominablement long silence. J’espère ainsi faire accourir mes fidèles lecteurs qui ont fini par déserter les bancs, fatigués d’espérer un nouveau billet qui n’est jamais venu. J’ai songé l’espace d’un instant à planter ici-même un panneau indiquant « Ici commence le désert de Gobie », mais il était déjà utilisé dans la tête d’Eve Angeli. Et puis comme chacun le sait, Belle Lurette possède, tel le Phoenix, la capacité de renaître de ses cendres (j’ai toujours eu du mal à savoir quand utiliser « la capacité de » ou « la capacité à ». C’est pourri la langue française, des fois).
En tout cas, j’ai quand même pu pendant ce temps me délecter de quelques recherches googlesques plus ridicules les unes que les autres, ma préférée étant « pose de sonde urinaire par maîtresse ». Non mais y’a VRAIMENT des gens qui s’intéressent à ça ?


Enfin. Pour fêter le retour de la bloggeuse prodigue, j’ai choisi d’aborder un sujet qui possède un haut potentiel comique : mes propriétaires. J’ai commencé à vous en toucher un mot dans mon précédent billet, mais là, attachez vos ceintures et callez bien vos fesses au fond de vos sièges, y’a du méga lourd.

La première fois que je les ai vus, j’ai eu tendance à pas trop me méfier : ils étaient un peu relou, mais bon, c’est des vioques, on pouvait pas en attendre moins d’eux. J’étais tellement au comble de la joie d’avoir trouvé un pied-à-terre décent que j’ai pas trop fait la pénible – ce qui est rare, je vous le concède volontiers –.

En plus ils ont un nom trop marrant, c’est idiot mais je me suis dit qu’on pouvait pas être mauvais en portant un patronyme pareil. Bref, tout était merveilleux, les petits oiseaux cui-cui.

Ils ont aussi un fils, dont je n’ai fait la connaissance que tardivement, mais à vrai dire ça ne m’avait jamais vraiment manqué. Ce dernier vit dans la résidence et ressemble de façon assez troublante à Jean-Claude Van Damne, mais avec 10 centimètres en moins et en beaucoup plus con. C’est vous dire le niveau. Je pense que son métier, c’est fumeur de clopes en ascenseur ; en tout cas il remplit remarquablement bien sa tâche. Un jour, excédée par l’odeur pestilentielle qui flottait dans ce cagibi de 3m², j’ai gueulé très fort : « AH, L’ENFOIRE !!!! ». J’avais bien les nerfs, je devais avoir passé une sale journée à l’Iouéfème. J’espère qu’il m’a entendu. De toute façon, les murs sont fins comme du papier à cigarettes (ah, ah, ah).

Il y a une mouette qui s’est plainte d’avoir tous les jours M. G qui grattait un placard en face de chez elle. J’ai alors émis l’hypothèse qu’ils cachaient un fils encore plus débile que le précédent, et en fait ils le planquaient parce qu’ils avaient honte. Voyez, même dans la vie je suis quelqu’un de particulièrement drôle.



Puis avec le temps, j’ai pu remarquer de grosses digressions entre le discours de ces braves gens et leurs actions. Mon appartement était censé être livré prêt à consommer ; or la saleté était telle que Père a pu écrire dans la poussière « T’es mort ». C’est un rigolo, Père. Moi qui me demandais d’où venait mon humour dévastateur.

D’ailleurs l’appart était tellement bien récuré que j’ai retrouvé deux stylos, une manique brûlée, une ventouse, une ampoule, une pince à épiler, de la lessive et du produit pour désinfecter de la précédente locataire. Comme rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, j’ai fini le pschit qui fait la peau aux acariens. Je veux bien que Mme G. soit complètement bigleuse, mais quand même, rater un paquet de lessive, faut le faire.



Puis ensuite il y a eu Internet, que j’aurais dû pouvoir avoir dès mon arrivée (fin août) et qui a été installé mi-novembre. Une sombre histoire jamais vraiment résolue de câbles qu’on ne peut pas tirer (par qui ?), de raccordement impossible à un poteau appartenant à on sait pas trop quelle société… et moi, « avec ma p’tite box j’avais l’air d’une conne, ma mère ».

S’en sont suivis des imbroglios abracadabrantesques avec Couleur-un-peu-plus-foncée-que-jaune, où j’ai expliqué à 1000 conseillers qu’il fallait arrêter de me débiter la somme astronomique qui m’était demandée chaque mois pour avoir le privilège d’être connectée à la Toile, puisque manifestement je ne l’étais PAS, et que même pas c’était ma faute. Je me suis entendue dire 1000 fois qu’il n’y avait pas de problème. Et chaque mois, bim, ça manquait pas, prélèvement de sous intempestif. Fatiguée de me battre avec des têtes de bois injoignables :
podcast

je suis allée voir la concurrence, qui m’a accueilli les bras ouverts, malgré une méfiance certaine et bien compréhensible lorsque j’ai expliqué que j’avais été victime d’incompatibilité d’humeur avec mon précédent opérateur :

« Mais euh dans quel sens ? Vous avez des impayés ? »

« Non, non, j’ai même trop payé, j’attends d’être rebitée, et que les poules aient des dents… »



Et puis, y’a eu cette histoire de « Je connais quelqu’un ». Ils connaissent toujours quelqu’un : un électricien, un plombier, un informaticien… mais j’espère sincèrement que c’est leur hobby, pas le moyen de gagner leur croûte, vu leur relative incompétence dans leurs soi-disant domaines de prédilection.

Bref, les Thénardiers sont des magouilleurs de première, même – et surtout – pour Internet, que je capte par un système pas possible qui doit être relié aux câbles téléphoniques par des vieux chewing-gums.

Et c’est là que tout s’est éclairé. C’était pourtant si évident. Soyons réalises, MES PROPRIETAIRES FONT PARTIE DE LA MAFIA GOODCITYOISE !!! Peut-être même que le vieux, ben c’est le parrain. Alors je ferais mieux de m’écraser au lieu de baver joyeusement sur eux.

 

Un autre trafic malsain a eu lieu pendant les vacances de Toussaint. Ils ont profité de mon absence pour installer deux radiateurs supplémentaires, les autres étant soit tout pourris, soit ils faisaient sauter les plombs. Je n’ai pas été prévenue, mais j’étais quand même contente, j’allais pouvoir passer l’hiver sans caner de froid.

Les choses se sont légèrement gâtées lorsque j’ai atteint les cabinets. Tenaillée par une envie toute naturelle, je me dirige fièrement vers ledit endroit. Puis après tout c’est MES toilettes, j’y fais ce que je veux. Avant de poser mon auguste séant, je m’aperçois de quelque chose d’étrange. Le rouleau de papier toilette n’est pas dans le même sens que d’habitude. Vous savez, c’est le sens des radins, où on galère pour obtenir une pauvre feuille poussive… c’est beuzarre. Mais le pire reste à venir. Je vois sur le siège des taches suspectes qui n’y étaient pas du tout à mon départ… j’ai alors stoïquement enfilé des gants, chopé la Javel et ai récuré de toutes mes forces en retenant une forte envie de raquer (merci à Aînée et à sa légendaire abnégation, qui a dû m’épeler ce mot au téléphone, devant un parterre de gens incrédules).

J’ai jamais osé leur en parler ; en fait, je me voyais mal demander : « Avez-vous eu l’audace d’uriner dans mon lieu d’aisance en mon absence ??? ».



Puis il y a eu bien d’autres choses.

La suite demain.

Commentaires

Que j'aime ta plume...
Et il y en a encore tellement à raconter sur ces chers et tendres proprio ;) Tu pourrais en faire un roman d'ailleurs ;)
Bisous ma choupinette!!

Ecrit par : Marjo | 19.02.2008

Dans la suite, tu vas avoir un rôle non négligeable... héhéhé... mais chut, faut pas tuer le suspens !

Ecrit par : Belle Lurette | 20.02.2008

jeviens de lire un de tes com sur un autre blog et vu que ta vie d'hier et d'aujourd'hui à l'air de pas mal se rapprocher de la mienne....j'ai cliqué sur le lien ! pas le temps de découvrir plus ce soir mais je reviendrais !

Ecrit par : liliberzet | 20.02.2008

Hihihi, quel plaisir de te voir de retour sur ton blog!

J'attends la suite avec impatience!

A+

Ecrit par : Alex | 22.02.2008

Tu ne m'as pas raconté hier ces fameuses histoires de propriétaires. Donc, je les découvre sur ton blog, ce qui est finalement plus drôle. Je suis pressée de lire la suite...

Ecrit par : meilleure amie | 22.02.2008

@ liliberzet : bienvenue ! tu es ici chez toi ! Et puis en plus toi aussi tu fais partie de la grande famille ed' nat' !

@ alex : wouhouh, les vieux de la vielle sont de retour ! Chouette ! Contente que ça t'ai plu...

@ meilleure amie : mais JUSTEMENT je ne t'avais rien dit parce qu'il existe ce billet ! Puis on avait des choses plus intéressantes à se dire, et à voir... n'est-ce pas ;)

Ecrit par : Belle Lurette | 24.02.2008

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