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08.10.2007

L'emmenagement

Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne avec soi :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

(Nicolas Boileau)

 

 

447424881.jpgomment j’ai trop de choses à vous raconter depuis la dernière fois, un truc de guedin. A côté de moi, David Guetta il a trop une vie de merde.

 

 

Pour résumer la situation, cela fait déjà un bon mois que je suis établie à GoodCity, et je peux dire que c’est tous les jours la fête du slip à mémé.

 

 

Mon studio est situé au dernier étage d’une résidence où ne vivent que des filles – que nous appellerons par commodité « mouettes » –, mis à part une étrange créature dont nous avons fait la connaissance par le plus grand des hasards. Comme nous usons tous nos fonds de culotte sur les mêmes bancs, nous avons rapidement développé une sorte de sympathie spontanée les uns envers les autres ; de plus, ma nature profondément optimiste me pousse à voir en tout être humain inconnu un potentiel nouvel ami. J’ai même réussi à extorquer une recette de cookies à l’une des mouettes, c’est vous dire combien j’ai la cote.

 

D’ailleurs, la mouette est une espèce intrinsèquement solidaire, et ça c’est pas superfétatoire. Elle partage ses cours, son casse-graine, sa voiture, ses chaussettes, son aspirateur, et migre le plus souvent en groupe vers le Pays où l’éducation est plus belle. Je dois être tombée sur un nid de mouettes rieuses…

 

 

Mais le bonheur parfait n’est pas de ce monde ; je me suis donc heurtée lors de mon emménagement à quelques légers problèmes techniques, bien compréhensibles étant donné l’âge avancé de mes propriétaires. Voici un rapide inventaire des diverses absences que mon œil mauvais a pu répertorier :

 

-          chaises (légèrement problématique, vous en conviendrez),

-          eau chaude (le premier jour, j’ai failli décéder d’un arrêt cardiaque dû à un choc thermique violent),

-          gaz (armée de ma lime à ongles et d’un acharnement sans égal, je ne pus cependant pas venir à bout de cette maudite bouteille : je me résignai donc à boulotter tristement du maïs froid et un bout jambon pour pendre la crémaillère. Youpi.),

-          bac à légumes dans le frigo (fâcheux, quand on sait que mon alimentation est composée pour les ¾ des aliments susnommés).

 

 

Plus coriace qu’un pit-bull en rut, j’ai pas lâché l’affaire jusqu’à la dernière goutte d’eau chaude.

 

 

Une fois le problème des divers manques réglé, il fallut m’attaquer à celui… des présences encombrantes. Déjà, j’ai réexpédié avec promptitude une lampe très vilaine et une poubelle non-moins laide chez leurs propriétaires originels. Puis je fus confrontée au problème du Vivant. Je m’aperçus en effet avec horreur que je n’étais pas la seule à occuper les lieux : de drôles de petits insectes inconnus au bataillon s’ébattaient joyeusement sous mon nez la nuit venue. Remontée comme un coucou suisse, j’ai exterminé la moindre de ces créatures avec calme, rigueur et méthode, aidée par la certitude absolue de l’emporter sur l’envahisseur. Ce qui fut le cas. Spéciale casdédi à Beygon, qui fut un précieux allié pour mener à bien mon entreprise, même si le traitement faillit également m’intoxiquer. Mais bon, la fin justifie les moyens.

 

Je passerai rapidement sur mes autres meilleures amies, les mouches, dont le nouveau jeu consiste à venir crever en bande dans mon salon. J’ai compté, y’en avait au moins 30. Je n’ai rien dit, et me suis contentée d’aspirer avec un stoïcisme qui m’étonna moi-même.

 

 

Tout ça pour vous dire qu’il est désormais inutile de vous biler pour mon confort matériel. L’opulence dans laquelle je vis me permet même, privilège des privilèges, d’avoir le chauffage… après cependant une mésaventure dont je suis la spécialiste. Un matin, j’ai naïvement tenté de mettre en route mon radiateur d’appoint, mais les plombs ont pas du tout aimé l’idée. La loi de l’emmerdement maximum suivant son odieux cours, mon portable venait de me lâcher… et donc plus de jus pour le charger ! Je m’exclamai alors intérieurement : « Par la malepeste ! La mesure est comble ! ». Plutôt que de m’ouvrir les veines sur le pallier, je suis allée réveiller Petit Bouchon – une amie-mouette – pour qu’elle me prête son cellulaire.  J’eus donc l’unique privilège de pourrir la vie de mes proprios aux aurores (« Jacky ! C’est la petite du 5ème ! Ca a tout pété !!! »). Après une rapide inspection de Jacky, qui ne put pas faire grand-chose, un électricien se pointa pour voir de quoi il en retournait. D’ailleurs ce monsieur a une technique bien particulière pour rentrer chez les gens : il ouvre la porte en grand, et toque une fois à l’intérieur ! Depuis, je ferme ma porte à clé.

 

 

Mais j’élide un point important en disant que je ne manque de rien : je n’ai toujours pas le net. Et vu comment mes propriétaires sont calés en nouvelles technologies, on est pas sortis de l’auberge, c’est moi qui vous le dit. Le jour où je leur ai demandé s’ils étaient connectés en Wifi ou en ADSL, ils m’ont répond laconiquement : « oui ». D’ailleurs l’union faisant la force, on a monté une kabbale avec une autre mouette, histoire de faire avancer le Schmilblick. Mais mes péripéties sont tellement drôles et complexes que j’en ferais prochainement l’objet d’un billet à part.

 

 

Bon allez, je vous laisse, faut que je prépare un autre post pour vous raconter mon premier fou-rire suite à une leçon de français particulière, mes boulettes à la laverie, comment je me suis retrouvée en prison, pourquoi une randonnée s’est conclue par « vivre libre ou mourir », comment j’ai été contrainte à ouvrir la bouche à m’en faire péter les muscles masticateurs, et surtout, surtout, vous prouver que je suis un vrai bourreau des cœurs. Bref, rien que du très normal.



 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de son nombrilisme exacerbé !)

 

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(source : BL herself)

Commentaires

je vois que tu ne m'as pas tout raconté. Il t'en arrive de ces choses ds la ville de l'éducation. J'ai hâte que tu me racontes toutes tes péripéties, et notamment tes aventures de briseuse de coeurs.
Bon courage pr les cours. A bientôt bisous

Ecrit par : meilleure amie | 25.10.2007

Ah ah ah j'ai bien rigolé ! J'ai à peu près les mêmes proprio et c'est vrai qu'on n'a pas vraiment les mêmes priorités eux et moi !

Ecrit par : eluise | 21.02.2008

Ah ben merci Eluise, je me sens moins seule... repasse quand tu veux, de mon côté je vais mettre ton blog dans mes favoris :)

Ecrit par : Belle Lurette | 24.02.2008

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