04.05.2008

La Présentation

Rien ne dure toujours, nous sommes voués à la nouveauté.

(Isabelle Chenebault)

 

 

440065165.jpgyez oyez braves gens, vous l’attendiez, la Belle Lurette nouvelle est enfin arrivée !!!

Pour ceux qui resteraient pantois devant leurs écrans en se demandant ce qui a bien pu changer, videz vos caches et autres traces, ça devrait vous aider à y voir plus clair.

 

Il paraît que lorsqu’on partage la vie de quelqu’un depuis 3 ans, c’est une étape à ne pas négliger (note à moi-même : mon Dieu, déjà 3 ans de nombrilocentrisme ?!). Il était grand temps d’apporter un peu d’air frais en ces lieux que commençaient à coloniser les araignées virtuelles. Je n’en ai gardé qu’une, qui tisse sa toile sur le plafond…

D’ailleurs ce petit lifting a intérêt à vous plaire, je vous explique même pas combien j’ai mis mille ans pour tout mettre en place. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça n’a rien à voir avec l’ancienne version, mais maintenant que je me fais vieille, un peu de sobriété est la bienvenue.

 

Voici une liste non exhaustive de toutes les magnifiques choses que vous pouvez trouver à présent :

- une newsletter. Dites-moi pas que c’est pas vrai ! Ca fait des mois que j’en rêve, que j’y pense, que je me dis que ça serait bien…. j’ai ENFIN fini par me botter les e-fesses. Comme je ne suis pas très régulière dans mes écrits, votre précieux temps est ainsi économisé, vous avez à présent la possibilité d’être informés en temps et en heure du moindre changement effectué ici, et surtout l’arrivée de nouveaux billets tous plus hilarants les uns que les autres. Ne me remerciez pas.
 
- de nouveaux amis que vous aimerez forcément, les ¾ des autres ayant soit mystérieusement disparu, soit ils ont fini par me gaver (je vous le dis, la constance ne fait pas partie de mes pourtant nombreuses qualités, ça relève du miracle que ce blog existe toujours !). Je l’jure sur la vie d’ma mère, ils sont tous géniaux : normal, ce sont mes amis.
 
- plein de nouvelles photos.
 
- pour finir de nouvelles choses devraient voir le jour et d’autres disparaître, mais faut bien que je laisse un peu de suspens histoire de vous appâter, non ?

 

 

J’vous laisse, faut que je vous ponde un truc qui ait quand même un peu plus de consistance.

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (ravie de son petit effet !)

 

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Source : ici !

30.04.2008

Le Bêtisier (part. 2)

Ce sont les professeurs qui ont mis le désordre dans le monde.

(Tchouang-Tseu)

 

 

1034188985.jpg’ai trois nouvelles incroyables à vous annoncer. Dans cette optique, je vais tenter d’observer une certaine gradation, voire adopter une présentation offrant des paliers de décompression successifs afin de vous éviter tout pétage de vaisseau cérébral intempestif.

D’une, ces maudites épreuves écrites qui ne m’ont pas du tout bouffé l’essentiel de mon temps depuis septembre sont terminées, la joie incommensurable qui m’habite fait que j’ai encore du mal à réaliser. Je vous avouerais que ce qui m’attriste le plus, c’est de plus à avoir à faire des maths (mouahahahahahah).

Deuxième époustouflante information : pour fêter dignement cet événement, je vous fais part d’un nouveau billet. Je ne suis pas peu fière de vous offrir la collection de grosses boulettes patiemment récoltées tout au long de l’année passée à l’Iouéfème, dans le seul et unique but de vous faire ricaner grassement devant vos écrans. Vous voyez comment je pense à vous, même quand je suis officiellement pas là.

Troisième et dernier renseignement à retenir : au niveau des cours, ça va quand même légèrement être moins chargé, ce qui me laisse du temps pour vaquer à mon activité préférée, boire du rhum plus que de raison écrire des bêtises ici même pour votre plaisir, messeigneurs et gentes dames. Je vous explique même pas comment j’ai un milliard de choses à vous raconter.

Et n’oubliez pas que je vous réserve une surprise de taille d’ici peu.

 

Mais assez bavassé, place à la nouillerie intégrale !!!! (NB : « E » signifie Eleve lambda [certaines ne vont pas manquer de se reconnaître…], et « BL » signifie moi-même, histoire de signer mes vannes, afin de démontrer une fois de plus combien je suis la gaudriole incarnée.)

 

 

 

BIOLOGIE

 

Prof : La vache n’a pas les enzymes nécessaires pour digérer la cellulose.

BL : Mais, elle est con !

 

Prof : Les vers de terre, quand ils traversent une pelouse sous le cagnard, on les retrouve tout secs… c’est d’un pathétique, ce matin !

 

Prof : Quel est le seul crustacé à être sorti de l’eau ?

E : La crevette ?

 

E : Nutriments obtenus après digestion : « Heu… pipi, caca… »

 

 

SCIENCES PHYSIQUES

 

Prof : J’appelle ce point A… A.

 

 

MATHS

 

E : Y’en a qui aiment les maths… c’est abusé !

 

Prof : J’la sens mal, cette phrase.

 

Sur sa copie, E a écrit : « Je tire avec le compas… »

Commentaire de Prof : « comme à la pétanque ! »

 

(à propos d’un théorème) : Mais c’est magique ce truc ! C’est merveilleux !!!

 

BL : Punaise, j’en peux plus…

E : Moi c’est pareil, chuis en mode veille…

 

BL : Je suis la seule que ça fait rire quand il dit "l’arête du cube" ?

 

Le prof se lançant dans un calcul hyper compliqué, arrive tout content à démontrer ce qu’il voulait.

BL : Doum doum doum ! Le compte est bon !

 

Le prof : On calcule la longueur AB et paf !

E1 : le chien…

E2 : ça a fait des Chocapic !

 

 

HISTOIRE

 

Prof : Si vous échouez, ça serait pas la pire chose qu’il pourrait vous arriver vu les circonstances actuelles…

 

Prof, à une élève qui lui explique un truc : Je vous arrête tout de suite parce que je m’en fous. En plus, je comprends rien. En fait, je comprends rien parce que je m’en fous.

 

Prof, à une élève qui veut étaler sa science : A quoi ça va vous servir ? C’est comme dans les anniversaires, y’a toujours le vieux tonton aviné qui vous lance : « eh, toi qui prépare le concours, 1515 c’est quoi ???? Moi, j’pose toujours 1664… Kronenbourg !!! »

 

Prof : en plus ça va intéresser les élèves parce qu’il y a des cadavres.

 

Prof : Jean Sans Terre…

E : qui en voulait…

 

Prof : c’est dans ce contexte qu’est arrivé Hugues Capet.

E : Et il a dit : j’me casse, c’est trop le bordel ! Je ferais pas les Capétiens !!!

 

Prof (après un grosse vanne balancée sur les footeux alors que lui-même est un fervent défenseur du rugby) : Je disais juste ça pour entretenir quelques inimitiés.

 

Prof (après le succès de Bienvenue chez les Ch’tits) : Après la route des vins… la route des Ch’tis !

 

Prof : Et Jacques Cartier découvrit la baie Saint Laurent… et c’est pourquoi nous avons le triste privilège d’écouter Céline Dion.

 

 

MUSIQUE

 

Exercice de mise en situation pour nous faire travailler la respiration : Je suis venu en voiture ce matin… on a crevé mes quatre pneus… et en plus, je respire !!!

 

Prof nous explique comment placer la langue : Le jambon, on le laisse en bas.

 

Prof : Quelqu’un qui chante faux, c’est comme un unijambiste à qui on demande de jouer à la marelle.

 

Prof : Ahhhh le requiem de Verdi ! Ca pète de tous les côtés ! On a presque envie de mourir.

 

(à propos d’élèves qui vont suivre une module avec Prof) E1 : Donnez-leur des mauvais conseils !

E2 : Oui, dites-leur qu’il faut crier très très fort, c’est bon pour la voix !

 

 

FRANCAIS

 

Prof : 80 à 80% des graphèmes….

 

E : M’dame, y’a un « h » à étymologie ?

Prof : Ben, ça fait riche, mais non…

 

Prof : Si, au concours, on vous demande des objectifs pédagogiques, qu’est-ce que vous faites ? Répondez par des verbes !

BL : Je pleure…

 

Prof, lyrique : C’est une adaptation cinématographique du Horlà où un homme a des messages des extra-terrestres… 

E : Ah, la soupe aux choux ?

 

Prof : Apprendre des clichés… pour devenir non pas blanc comme neige mais bête comme chou !

 

Prof : Si vous avez envie d’aller en ZEP…

BL : Pour mater du Sauvageon…

 

Prof : Petit proverbe chinois : quand tu fais la vaisselle, fais-la bien. (c’est vraiment chinois ça ?)

 

 

PEDA

 

Prof : … et c’est magnifique !

E : Il est 10 heures moins cinq et ça aussi c’est magnifique !

 

 

DIVERS

 

E : La montagne, ça me gagne !

 

E : Mais sors pas ton p et ton q ! (en parlant d’inconnues à ne pas factoriser, bien sûr)

 

En stage en Grand Section : « quand je monte en haut, j’ai mal au dos. Quand je monte pointu… » (je n’ai rien vu, voyons ! J’ai cru ne jamais pouvoir m’arrêter de ricaner en imaginant une autre suite)

 

En stage en Cycle 3 (alors qu’on regardait le site de l’école) :

Prof : Alors là je me souviens, on avait trouvé un écureuil mort, on l’avait rapporté en classe et on en a fait un article.

BL : C’est quand même une drôle d’idée qu’elle a eu la gamine !

Prof : Heu… c’est ma fille…

*fin boulette numéro 1*

Lecture d’un commentaire du fameux article : « je trouve que cette article était interressant et que l’écureil était en mauvais etat de la tête. » (J’ai failli crever de rire)

*fin boulette numéro 2*
 

 

E : Mais si, t’es au point !

BL : Au point mort oui…

 

E : La reproduction sexuée, comment ça se passe ?

BL : Ben, ça se passe plutôt mal…

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de ses hobbies incongrus !)
 
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 source : ici !

11.03.2008

La Déception

C’est officiel, ils n’ont pas d’humour chez Pilot.

On rigole pas avec le marketing madame, c’est pas fait pour les baltringues !

 

Ben mince alors, j’ai dit leur nom…

 

Pour rétablir la neutralité à laquelle je me suis auto-astreinte depuis le début de ce blog, je vais immédiatement citer d’autres marques.

Les poêles Téfal sont très bien, elles ne se déforment presque pas quand on les fait lourdement tomber sur le carrelage comme je l’ai fait il y a quelques heures.

La crème réparatrice pour les mains Neutrogéna ne fait absolument pas les doigts gras, ce qui ne laisse par conséquent aucune grosse trace dégueulasse sur le clavier.

Les « Petits encas » de Danone parfum stratchatela ne sont pas du tout les desserts les plus ignobles qu’on ait inventés.

 

Ca balance grave, ce soir (surtout les ustensiles de cuisine au sol, je dois dire…).

 

Sinon histoire de quand même finir sur une petite note optimiste, je vous fais partager une récente google request qui m’a bien fait ricaner sous cape : petasse sur annonay.

Mais oui mon ami, tu as frappé à la bonne porte (bien que je ne rentre dans cette riante bourgade que trois fois l’an) !!!

 

Bientôt, je vous proposerai une vision alternative de l’histoire.

Histoire que ce blog ait aussi de temps un temps une portée cul-turelle. On est pas chez TF1, ici.

D’ici là, n’oubliez pas que tant qu’on a pas vu le cul du grizzly, ça sert à rien de charger son fusil.

Vous avez quatre heures.

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (qui aime plus Pilot ! Oups je l’ai redit !)

 

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 (source : lààààà)

05.03.2008

La réclamation

447424881.jpghers lecteurs,

 

 

Aujourd'hui, je vous offre un billet pas vraiment comme les autres. En fait, je viens d’écrire un mail de réclamation au service clients d'une grande marque de stylos suite à un léger souci technique. Et comme je me suis trouvée particulièrement en verve, je trouvais dommage de ne pas vous en faire profiter. Finalement le genre épistolaire, ça me réussit...

J’espère vraiment que cela ne  restera pas lettre morte, ça me ferait trop marrer. J’vous tiendrais au courant, promis.

Et s’ils répondent pas, pour me venger, je balance leur nom et je leur fait une contre-pub d’enfer. Non mais.

 

 

"Madame, Monsieur,


Je vous écrit suite à l'immense déception que j'ai ressentie suite à l'achat de l'un de vos produits. En effet, j'ai fait l'acquisition le samedi 1er mars dernier dans l'hypermarché Biiiip à Biiiip un stylo de votre gamme dite "Biiiiip". En effet, il m'avait été chaudement recommandé par une amie. Et il n'y a aucune raison de douter de la sincérité d'une amie, n'est-ce pas ?


J'ai donc décidé de tester ledit stylo le lundi suivant mon achat, alors que je passais une épreuve écrite. En effet, je suis étudiante, et ces pratiques sont choses courantes dans le petit monde de l'Education nationale. Au premier abord, j'ai été très agréablement surprise par sa qualité d'écriture, et j'ai été séduite par son côté pratique. Mais les choses seraient trop simples si elles s'arrêtaient là. Vous vous doutez bien que je ne vous écrit pas pour vous féliciter, vu que ce mail a commencé par l'exposition de ma cruelle désillusion.

Alors que pleine d'inspiration (serait-ce un effet secondaire dû à votre stylo ?), j'attaquais joyeusement la deuxième page de ma synthèse, voilà-t-y pas que mon Biiiip refuse catégoriquement de faire son travail, à savoir écrire des mots dictés par ma plume virtuose. J'eus beau essayer toutes les techniques de grand-mère tel quel le grattage sous la semelle ou le soufflage dessus, rien n'y fit. Mon Biiiip avait définitivement passé l'arme à gauche.

Etant tout de même surprise par un tel phénomène étant donné sa grande nouveauté, je décidai de l'ouvrir afin de comprendre la raison de cette panne.
Et vous ne devinerez jamais l'horrible découverte qui fut mienne. LA CARTOUCHE ETAIT VIDE ! Non mais des fois.


Vous imaginez bien que ce mail n'est pas vraiment désintéressé, et qu'il me semblerait de bon aloi de compenser ce petit bémol.


Je suis sûre que vous aurez su prêter un oeil attentif à ma requête, et espère donc que vous saurez réparer cet outrage qui bien sûr porte atteinte à la bonne image de votre société.


Bien cordialement,

Belle Lurette."

24.02.2008

Les Propriétaires - Part. 2

427633642.jpguite et fin de mes péripéties avec les Vilains.

 

 

 

 

Je vous passerai les détails de la filature durant laquelle je découvris que deux raclures de latrines adolescentes en devenir, ayant intercepté le code d’entrée par on ne sait quel miracle, rentraient dans ma résidence comme si c’était chez mémé. La piste de Vilaine qui n’y voit que dalle et qui met mille ans à taper le code n’est pas à exclure. Appelez-moi Julie Lescaut.

 

Non contentes d’avoir déniché un squat tout de même plus classe que le foyer socio-éducatif, ces Britney Spears en puissance futures adultes trouvaient super fun de chourer des coussins dans les couloirs et d’ouvrir le courrier des autres. Bon, les coussins on s’en fout, ils sont moches ; mais le courrier c’était le mien. Et là, autant dire que ça rigole plus.

 

Si ces faces de rat prometteuses lycéennes mettaient autant d’ardeur à étudier qu’à faire des conneries, dans deux ans l’Humanité est sauvée, on aura trouvé le vaccin contre le sida.

 

 

Après avoir mis à jour ces odieuses manigances, je suggère insidieusement mais néanmoins fermement aux Vilains de changer le code de tous les dangers, qu’on en finisse. Grand mal m’en a pris… j’ignore alors que ma propre idée va sous peu se retourner contre moi, avec une violence qui n’a d’égal que son génie. Ô cruelle Destinée, ta funeste engeance l’Ironie aurait-elle assombri de sa présence le jour où je vins au monde ? Je ne sais.

 

Toujours est-il que quelques jours passent et nous voici en week-end. Moment on-ne-peut-plus privilégié dans ma vie estudiantine puisque les Mouettes, en mal d’amour parental, fuient à tire d’ailes leur habitat goodcityois. Et là, je vous explique même pas comment je suis trop la reine du pétrole. Vas-y que je me douche à pas d’heure, que j’écoute la musique à un volume indécent, que je beugle comme un veau qu’on égorge dans ma salle de bains afin de mettre à profit les techniques vocales patiemment enseignées par John-Peter, mon prof de musique. Bref, la vraie vie.

 

Arrive le soir. Déjà, je suis passablement sur les nerfs car Internet ne marche plus (tiens, un chewing-gum aurait-il lâché ?) ; et voilà qu’on a l’audace de frapper à ma porte. C’est Vilaine. Oh, oh, ça sent mauvais, elle a la même tête que les Sauvageons quand ils avaient fait une grosse, grosse connerie.

 

-          «  J’avais laissé ouvert pendant que je faisais une course, et on vient de nous voler les clés… »

 

Moi, agacée par ce manque de précision lexicale : - « Mais LES clés… c’est-à-dire ? »

 

Elle, commençant à se décomposer : - « Ben… les clés des appartements… et en plus, vous êtes toute seule dans la Maison… »

 

Moi : - « Nan mais c’est pas possible ! T’as oublié ton cerveau dans un verre d’eau ce matin ou quoi ? Ah ben bravo, et après ça vient nous donner des leçons de morale sur la sécurité, franchement vive la France !!!! »

 

Non, en vrai je l’ai pas dit, mais je l’ai pensé très fort.

 

 

J’irais pas jusqu’à dire que je me suis mise à fouetter. Mais quand même, la soirée ne se présentait pas sous les meilleurs hospices.

 

Trente minutes plus tard, Mini Vilain (dit aussi Jean-Claude) se présente.

 

-          «  Y’avait un problème… y’a plus de problème ! J’les ai chopées les mômes, j’les ai mises à poil ! » (je vous l’avais dit, il est très con !!!)

 

Moi, tentant de donner le change en mâchant à toute allure ma bouchée de patates sautées : - « Ah ? »

 

Lui, prenant ça comme un encouragement : - « Ouais, c’est bon, j’ai tout récupéré ».

 

 

Deux jours plus tard, à force de prêcher le faux pour savoir le vrai avec l’innocence de la vipère qui vient de naître, Vilain m’avouera qu’il a remarqué l’absence de quelques clés « sans importance, dont celles de la boîte aux lettres » (!!!). Je manque de m’évanouir d’horreur : j’attends une oreillette bluetooth qui m’a coûté un bras. D’ailleurs anecdote cocasse, j’ai bien fini par la recevoir, mais le mode d’emploi était uniquement en japonais ; cela a donc été une franche partie de rigolade pour comprendre comment ça fonctionnait.

 

Depuis, je fais tout livrer chez mère, chez qui je rentre tous les 36 du mois. Super.

 

 

Mais ce n’est pas le pire. Si vous avez tout bien suivi, reste le délicat problème du code à régler.

 

J’ai quand même senti qu’il allait y avoir baleine sous gravillon avec cette histoire-là. Un jour, je dis à Walkeuse (une Iouéfémienne avec laquelle j’ai l’honneur de partager plus que des cours) :

 

-          « Je sens que je vais rentrer et que le code aura changé ; je vais encore me retrouver Grosjean comme devant ! »

 

Walkeuse, remarquablement dévouée à ma cause, m’accompagne jusqu’à chez moi, au cas où.

 

Composition du code. Angoisse. La porte reste obstinément close. Re-angoisse. En désespoir de cause, je m’acharne sur l’interphone pour joindre les Vilains (ils sont là, les monstres, leur voiture est devant la résidence). En vain. Re-re-angoisse. Et bien sûr, mon mobile est hors de portée. Bref plus la loose, tu meurs.

 

Walkeuse prend pitié de moi et de mon état de décès avancé, et me ramène chez elle. Nous entreprenons alors une grande quête pour réussir à joindre les Vilains, qui s’apparente plus à un jeu de piste. On commencer par appeler sur les deniers de Walkeuse toutes les Mouettes disponibles. Personne n’est joignable. Les Vilains ont en plus la bonne idée d’être sur liste rouge, sinon ça n’aurait pas été drôle.

 

Comme dans tous les moments de profond désespoir, une seule personne semble avoir les moyens de me sortir de ce bourbier : Mère, mon Deus ex-machina à moi. Je mise gros, car elle est l’ultime bastion contre la dépression qui me guette. Toujours au taquet, Super Mother met la main sur le numéro des Vilains en moins de temps qu’il ne faut pour manger un pancake.

 

C’est peu dire que j’étais remontée comme un coucou suisse quand j’ai fini par joindre Vilaine :

 

 

Moi, qui ne prend même plus la peine d’être aimable : - « VOUS AVEZ CHANGE LE CODE ???? » (je me suis quand même présentée avant, pour faire style).

 

Elle, faussement naïve : « Euh… ouiiii… »

 

Moi : - « CA SERAIT POSSIBLE DE ME LE DONNER, QUE JE PUISSE RENTRER CHEZ MOI ? CA FAIT UNE HEURE QUE JE SUIS COINCEE DEHORS !!!! »

 

 

Comble du comble du comble, alors que j’arrive enfin dans mon home sweet home après tant de vicissitudes, harassée, lessivée, que dis-je, au bord du gaz, je trouve glissé sous la porte un petit mot… avec indiqué dessus le nouveau code. Quelqu’un peut-il m’expliquer : à quoi ça sert d’avoir ce maudit code une fois à l’intérieur ???

 

 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (qui, c’est promis, ne parlera pas des Vilains dans son prochain billet !)

 

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Source : ici !

16.02.2008

Les propriétaires - Part.1

Tu vois ce qu'il y a de pire, c'est de rester silencieux quand les vieux disent des sottises...

(August Strindberg)





447424881.jpghers lecteurs,




Non, je ne suis pas morte, juste un petit peu décédée sur les bords. En fait, depuis que j’ai décidé de me livrer corps et âme à l’Ed’ Nat’, mon temps de glande s’est trouvé considérablement raccourci ; sauf le soir après 20 heures où je ne manque pas de m’épancher auprès des divers contacts qui peuplent mon natel, avec une prédilection particulière pour Mère qui sait mieux que personne prêter une oreille attentive à mes plaintes désespérées et autres craquages de nerfs réguliers. Mais bref.



Aujourd’hui, je vais tenter de vous offrir un récit d’une drôlerie jubilatoire, afin de me faire pardonner cet abominablement long silence. J’espère ainsi faire accourir mes fidèles lecteurs qui ont fini par déserter les bancs, fatigués d’espérer un nouveau billet qui n’est jamais venu. J’ai songé l’espace d’un instant à planter ici-même un panneau indiquant « Ici commence le désert de Gobie », mais il était déjà utilisé dans la tête d’Eve Angeli. Et puis comme chacun le sait, Belle Lurette possède, tel le Phoenix, la capacité de renaître de ses cendres (j’ai toujours eu du mal à savoir quand utiliser « la capacité de » ou « la capacité à ». C’est pourri la langue française, des fois).
En tout cas, j’ai quand même pu pendant ce temps me délecter de quelques recherches googlesques plus ridicules les unes que les autres, ma préférée étant « pose de sonde urinaire par maîtresse ». Non mais y’a VRAIMENT des gens qui s’intéressent à ça ?


Enfin. Pour fêter le retour de la bloggeuse prodigue, j’ai choisi d’aborder un sujet qui possède un haut potentiel comique : mes propriétaires. J’ai commencé à vous en toucher un mot dans mon précédent billet, mais là, attachez vos ceintures et callez bien vos fesses au fond de vos sièges, y’a du méga lourd.

La première fois que je les ai vus, j’ai eu tendance à pas trop me méfier : ils étaient un peu relou, mais bon, c’est des vioques, on pouvait pas en attendre moins d’eux. J’étais tellement au comble de la joie d’avoir trouvé un pied-à-terre décent que j’ai pas trop fait la pénible – ce qui est rare, je vous le concède volontiers –.

En plus ils ont un nom trop marrant, c’est idiot mais je me suis dit qu’on pouvait pas être mauvais en portant un patronyme pareil. Bref, tout était merveilleux, les petits oiseaux cui-cui.

Ils ont aussi un fils, dont je n’ai fait la connaissance que tardivement, mais à vrai dire ça ne m’avait jamais vraiment manqué. Ce dernier vit dans la résidence et ressemble de façon assez troublante à Jean-Claude Van Damne, mais avec 10 centimètres en moins et en beaucoup plus con. C’est vous dire le niveau. Je pense que son métier, c’est fumeur de clopes en ascenseur ; en tout cas il remplit remarquablement bien sa tâche. Un jour, excédée par l’odeur pestilentielle qui flottait dans ce cagibi de 3m², j’ai gueulé très fort : « AH, L’ENFOIRE !!!! ». J’avais bien les nerfs, je devais avoir passé une sale journée à l’Iouéfème. J’espère qu’il m’a entendu. De toute façon, les murs sont fins comme du papier à cigarettes (ah, ah, ah).

Il y a une mouette qui s’est plainte d’avoir tous les jours M. G qui grattait un placard en face de chez elle. J’ai alors émis l’hypothèse qu’ils cachaient un fils encore plus débile que le précédent, et en fait ils le planquaient parce qu’ils avaient honte. Voyez, même dans la vie je suis quelqu’un de particulièrement drôle.



Puis avec le temps, j’ai pu remarquer de grosses digressions entre le discours de ces braves gens et leurs actions. Mon appartement était censé être livré prêt à consommer ; or la saleté était telle que Père a pu écrire dans la poussière « T’es mort ». C’est un rigolo, Père. Moi qui me demandais d’où venait mon humour dévastateur.

D’ailleurs l’appart était tellement bien récuré que j’ai retrouvé deux stylos, une manique brûlée, une ventouse, une ampoule, une pince à épiler, de la lessive et du produit pour désinfecter de la précédente locataire. Comme rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, j’ai fini le pschit qui fait la peau aux acariens. Je veux bien que Mme G. soit complètement bigleuse, mais quand même, rater un paquet de lessive, faut le faire.



Puis ensuite il y a eu Internet, que j’aurais dû pouvoir avoir dès mon arrivée (fin août) et qui a été installé mi-novembre. Une sombre histoire jamais vraiment résolue de câbles qu’on ne peut pas tirer (par qui ?), de raccordement impossible à un poteau appartenant à on sait pas trop quelle société… et moi, « avec ma p’tite box j’avais l’air d’une conne, ma mère ».

S’en sont suivis des imbroglios abracadabrantesques avec Couleur-un-peu-plus-foncée-que-jaune, où j’ai expliqué à 1000 conseillers qu’il fallait arrêter de me débiter la somme astronomique qui m’était demandée chaque mois pour avoir le privilège d’être connectée à la Toile, puisque manifestement je ne l’étais PAS, et que même pas c’était ma faute. Je me suis entendue dire 1000 fois qu’il n’y avait pas de problème. Et chaque mois, bim, ça manquait pas, prélèvement de sous intempestif. Fatiguée de me battre avec des têtes de bois injoignables :
podcast

je suis allée voir la concurrence, qui m’a accueilli les bras ouverts, malgré une méfiance certaine et bien compréhensible lorsque j’ai expliqué que j’avais été victime d’incompatibilité d’humeur avec mon précédent opérateur :

« Mais euh dans quel sens ? Vous avez des impayés ? »

« Non, non, j’ai même trop payé, j’attends d’être rebitée, et que les poules aient des dents… »



Et puis, y’a eu cette histoire de « Je connais quelqu’un ». Ils connaissent toujours quelqu’un : un électricien, un plombier, un informaticien… mais j’espère sincèrement que c’est leur hobby, pas le moyen de gagner leur croûte, vu leur relative incompétence dans leurs soi-disant domaines de prédilection.

Bref, les Thénardiers sont des magouilleurs de première, même – et surtout – pour Internet, que je capte par un système pas possible qui doit être relié aux câbles téléphoniques par des vieux chewing-gums.

Et c’est là que tout s’est éclairé. C’était pourtant si évident. Soyons réalises, MES PROPRIETAIRES FONT PARTIE DE LA MAFIA GOODCITYOISE !!! Peut-être même que le vieux, ben c’est le parrain. Alors je ferais mieux de m’écraser au lieu de baver joyeusement sur eux.

 

Un autre trafic malsain a eu lieu pendant les vacances de Toussaint. Ils ont profité de mon absence pour installer deux radiateurs supplémentaires, les autres étant soit tout pourris, soit ils faisaient sauter les plombs. Je n’ai pas été prévenue, mais j’étais quand même contente, j’allais pouvoir passer l’hiver sans caner de froid.

Les choses se sont légèrement gâtées lorsque j’ai atteint les cabinets. Tenaillée par une envie toute naturelle, je me dirige fièrement vers ledit endroit. Puis après tout c’est MES toilettes, j’y fais ce que je veux. Avant de poser mon auguste séant, je m’aperçois de quelque chose d’étrange. Le rouleau de papier toilette n’est pas dans le même sens que d’habitude. Vous savez, c’est le sens des radins, où on galère pour obtenir une pauvre feuille poussive… c’est beuzarre. Mais le pire reste à venir. Je vois sur le siège des taches suspectes qui n’y étaient pas du tout à mon départ… j’ai alors stoïquement enfilé des gants, chopé la Javel et ai récuré de toutes mes forces en retenant une forte envie de raquer (merci à Aînée et à sa légendaire abnégation, qui a dû m’épeler ce mot au téléphone, devant un parterre de gens incrédules).

J’ai jamais osé leur en parler ; en fait, je me voyais mal demander : « Avez-vous eu l’audace d’uriner dans mon lieu d’aisance en mon absence ??? ».



Puis il y a eu bien d’autres choses.

La suite demain.

08.10.2007

L'emmenagement

Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne avec soi :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

(Nicolas Boileau)

 

 

447424881.jpgomment j’ai trop de choses à vous raconter depuis la dernière fois, un truc de guedin. A côté de moi, David Guetta il a trop une vie de merde.

 

 

Pour résumer la situation, cela fait déjà un bon mois que je suis établie à GoodCity, et je peux dire que c’est tous les jours la fête du slip à mémé.

 

 

Mon studio est situé au dernier étage d’une résidence où ne vivent que des filles – que nous appellerons par commodité « mouettes » –, mis à part une étrange créature dont nous avons fait la connaissance par le plus grand des hasards. Comme nous usons tous nos fonds de culotte sur les mêmes bancs, nous avons rapidement développé une sorte de sympathie spontanée les uns envers les autres ; de plus, ma nature profondément optimiste me pousse à voir en tout être humain inconnu un potentiel nouvel ami. J’ai même réussi à extorquer une recette de cookies à l’une des mouettes, c’est vous dire combien j’ai la cote.

 

D’ailleurs, la mouette est une espèce intrinsèquement solidaire, et ça c’est pas superfétatoire. Elle partage ses cours, son casse-graine, sa voiture, ses chaussettes, son aspirateur, et migre le plus souvent en groupe vers le Pays où l’éducation est plus belle. Je dois être tombée sur un nid de mouettes rieuses…

 

 

Mais le bonheur parfait n’est pas de ce monde ; je me suis donc heurtée lors de mon emménagement à quelques légers problèmes techniques, bien compréhensibles étant donné l’âge avancé de mes propriétaires. Voici un rapide inventaire des diverses absences que mon œil mauvais a pu répertorier :

 

-          chaises (légèrement problématique, vous en conviendrez),

-          eau chaude (le premier jour, j’ai failli décéder d’un arrêt cardiaque dû à un choc thermique violent),

-          gaz (armée de ma lime à ongles et d’un acharnement sans égal, je ne pus cependant pas venir à bout de cette maudite bouteille : je me résignai donc à boulotter tristement du maïs froid et un bout jambon pour pendre la crémaillère. Youpi.),

-          bac à légumes dans le frigo (fâcheux, quand on sait que mon alimentation est composée pour les ¾ des aliments susnommés).

 

 

Plus coriace qu’un pit-bull en rut, j’ai pas lâché l’affaire jusqu’à la dernière goutte d’eau chaude.

 

 

Une fois le problème des divers manques réglé, il fallut m’attaquer à celui… des présences encombrantes. Déjà, j’ai réexpédié avec promptitude une lampe très vilaine et une poubelle non-moins laide chez leurs propriétaires originels. Puis je fus confrontée au problème du Vivant. Je m’aperçus en effet avec horreur que je n’étais pas la seule à occuper les lieux : de drôles de petits insectes inconnus au bataillon s’ébattaient joyeusement sous mon nez la nuit venue. Remontée comme un coucou suisse, j’ai exterminé la moindre de ces créatures avec calme, rigueur et méthode, aidée par la certitude absolue de l’emporter sur l’envahisseur. Ce qui fut le cas. Spéciale casdédi à Beygon, qui fut un précieux allié pour mener à bien mon entreprise, même si le traitement faillit également m’intoxiquer. Mais bon, la fin justifie les moyens.

 

Je passerai rapidement sur mes autres meilleures amies, les mouches, dont le nouveau jeu consiste à venir crever en bande dans mon salon. J’ai compté, y’en avait au moins 30. Je n’ai rien dit, et me suis contentée d’aspirer avec un stoïcisme qui m’étonna moi-même.

 

 

Tout ça pour vous dire qu’il est désormais inutile de vous biler pour mon confort matériel. L’opulence dans laquelle je vis me permet même, privilège des privilèges, d’avoir le chauffage… après cependant une mésaventure dont je suis la spécialiste. Un matin, j’ai naïvement tenté de mettre en route mon radiateur d’appoint, mais les plombs ont pas du tout aimé l’idée. La loi de l’emmerdement maximum suivant son odieux cours, mon portable venait de me lâcher… et donc plus de jus pour le charger ! Je m’exclamai alors intérieurement : « Par la malepeste ! La mesure est comble ! ». Plutôt que de m’ouvrir les veines sur le pallier, je suis allée réveiller Petit Bouchon – une amie-mouette – pour qu’elle me prête son cellulaire.  J’eus donc l’unique privilège de pourrir la vie de mes proprios aux aurores (« Jacky ! C’est la petite du 5ème ! Ca a tout pété !!! »). Après une rapide inspection de Jacky, qui ne put pas faire grand-chose, un électricien se pointa pour voir de quoi il en retournait. D’ailleurs ce monsieur a une technique bien particulière pour rentrer chez les gens : il ouvre la porte en grand, et toque une fois à l’intérieur ! Depuis, je ferme ma porte à clé.

 

 

Mais j’élide un point important en disant que je ne manque de rien : je n’ai toujours pas le net. Et vu comment mes propriétaires sont calés en nouvelles technologies, on est pas sortis de l’auberge, c’est moi qui vous le dit. Le jour où je leur ai demandé s’ils étaient connectés en Wifi ou en ADSL, ils m’ont répond laconiquement : « oui ». D’ailleurs l’union faisant la force, on a monté une kabbale avec une autre mouette, histoire de faire avancer le Schmilblick. Mais mes péripéties sont tellement drôles et complexes que j’en ferais prochainement l’objet d’un billet à part.

 

 

Bon allez, je vous laisse, faut que je prépare un autre post pour vous raconter mon premier fou-rire suite à une leçon de français particulière, mes boulettes à la laverie, comment je me suis retrouvée en prison, pourquoi une randonnée s’est conclue par « vivre libre ou mourir », comment j’ai été contrainte à ouvrir la bouche à m’en faire péter les muscles masticateurs, et surtout, surtout, vous prouver que je suis un vrai bourreau des cœurs. Bref, rien que du très normal.



 

 

Bienvenue dans le monde de Belle Lurette… (et de son nombrilisme exacerbé !)

 

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(source : BL herself)

30.08.2007

La Mouvance

Les déménagements sont les mouvances de l'existence. Ça bouleverse, ça empêche l'habitude...

(Louise Portal)

 

 

128850377.jpgepuis quelques jours, j’ai la désagréable sensation de vivre dans quelque chose qui pourrait ressembler au souk de Marrakech. En effet, dans mon espace vital restreint sont amoncelés nombre d’objets d’un exotisme torride : une poêle à frire côtoie de façon inopinée des ciseaux à ongles, eux-mêmes placés de façon très logique près d’une poubelle blindée d’ustensiles aussi divers qu’hétéroclites.

 

Mais quelle est la raison de ce capharnaüm ? pensez-vous, bande de petits curieux. Belle Lurette serait-elle à ce point écœurée de la civilisation et surtout des hommes qui la composent pour décider de revendre ses maigres biens, pourtant si durement acquis à la force des poignets, sans aucune autre forme de procès ? Aurait-elle enfin décidé d’investir les quelques deniers ainsi récoltés dans l’achat d’un aller simple pour Lhassa, où elle pourrait vivre libérée des diktats de la vie moderne et mener à l’image de Siddhârta une existence faite de méditation et d’errance, qui lui permettrait de dire merde à son ego une bonne fois pour toutes ???

 

Eh ben non, même pas.

 

Poussée par mon goût inné du risque, je me prépare à découvrir une nouvelle contrée sauvage et inhospitalière. A celui qui pense que les études ne servent à rien, elles auront au moins eu pour moi l’avantage de me promener aux quatre coins de Rhône-Alpes : on a l’âme d’un bandit de grand chemin ou pas. Après avoir passé trois ans à Lyon (regrets éternels), effectué un passage-éclair à Biiip – la ville la plus épouvantable de France –, être retournée une année et demi chez ceux qui ont eu l’incommensurable bonheur de me donner le jour et avoir bossé dans un département limitrophe, j’ai été catapultée décidé de mon plein gré de m’établir dans une nouvelle cité pleine de promesses, que rien que son nom ça fait envie. Pour résumer, c’est the place whe